Ø La sérologie ELISA de dépistage : elle repose toujours sur l'utilisation de 2 techniques (ou réactifs) différents. Aujourd'hui ne sont pratiquement plus utilisés que des réactifs de 3 ème et 4 ème génération. Les réactifs de 3 ème génération détectent uniquement les Ac anti-VIH qui apparaissent classiquement entre 20 et 45 jours après le contage. Leur sensibilité et leur spécificité sont supérieures à 99% . Ils sont toutefois surpassés actuellement par les réactifs de 4 ème génération associant à la détection d'Ac celle de l'Ag P24, permettant un dépistage plus précoce (d'environ une semaine) de la primo-infection. Ainsi en cas de résultat discordant avec une technique de 3 ème génération négative et une technique de 4 ème génération donnant un résultat positif, il faut impérativement suspecter une primo-infection récente, à confirmer par une antigénémie P24 et un contrôle sur un second prélèvement.
Les tests rapides de type savonnette sont moins performants que les tests ELISA (moindre sensibilité et spécificité, lecture subjective) et ils doivent impérativement leur être associés s'ils sont utilisés comme 2 ème technique.
Ø Antigénémie P24 : elle permet une détection de cet antigène avec une sensibilité plus importante que les tests de 4 ème génération. Son utilisation exclusive est la confirmation ou l'exclusion rapide d'une primo-infection. Elle est moins sensible que la charge virale (elle se positive pour une charge virale d'environ 10 000 copies/ml) mais cela a peu d'importance dans un contexte de primo-infection où les charges virales sont généralement élevées.
Ø Western-Blot HIV 1+2 : c'est la technique classique de confirmation du dépistage sérologique. Il peut être fait sur le prélèvement initial, ce qui n'empêche pas de contrôler systématiquement sur un deuxième prélèvement afin de s'affranchir de l'erreur pré-analytique. En cas de discordance avec une sérologie de dépistage positive et un WB négatif, le prélèvement de contrôle devra être effectué au moins 10 jours plus tard car la positivation du WB est plus tardive. Il permet également de distinguer les infections à HIV1 et à HIV2, ces dernières évoluant plus lentement mais avec un suivi biologique et un arsenal thérapeutique moins efficients.
Ø La charge virale HIV 1 : Mesurée par différentes techniques de biologie moléculaire, elle est toujours utilisée dans le suivi des patients séropositifs, tous les 3 mois chez les sujets traités et tous les 6 mois chez les sujets asymptomatiques non traités. Son niveau de justification thérapeutique a évolué puisqu'alors qu'il y a quelques années une charge virale supérieure à 30 000 copies/ml motivait la mise en route d'un traitement anti-rétroviral, cette valeur est plutôt de 100 000 copies aujourd'hui. Independemment de l'évolution virologique de l'affection proprement dite, elle peut être soumise à des fluctuations importantes en cas d'évènements intercurrents (infections intercurrents, vaccination.). C'est pourquoi une augmentation significative de la charge virale (X3 ou + 0,5 log.10) doit toujours être contrôlée avant d'envisager une modification du traitement. Il en va de même pour les patients ayant eu jusqu'alors une charge virale négative (indétectable si < 20 copies/ml) chez lesquels est retrouvée une charge virale faible (< 1000 copies/ml). Ces phénomènes de « blips » peuvent être transitoires et demandent à être confirmés.
Il est important de mesurer la charge virale avec la même technique et dans le même laboratoire afin d'éviter les écarts de résultats technique-dépendant.
Ø Génotypage de résistance : utilisant des techniques de biologie moléculaire (séquençage ou recherche de mutations ciblées), il permet de préciser l'efficacité des différents antirétroviraux disponibles sur l'espèce virale concernée. Si cet examen est essentiellement utilisé en cas d'échappement thérapeutique afin d'adapter le traitement, certaines équipes l'utilisent en première intention dès la primo-infection afin de documenter le dossier du patient en vue d'un traitement ultérieur.
Ces examens ne prennent bien entendu leur vraie valeur qu'intégrés à un suivi clinique et biologique (CD4/CD8) large, prenant en compte tous les aspects de la problématique.
