Le syndrome métabolique est une entité clinico-biologique constituant un état pré-diabétique et surtout pré-infarctus. Apparu à la fin des années 80, il a plusieurs fois changé de nom : syndrome X, syndrome d'insulinorésitance. Son dépistage et sa prise en charge dans les sociétés occidentales constituent actuellement des enjeux majeurs de santé publique.

Classiquement, il est constitué par une mosaïque de facteurs de risque cardio-vasculaires et métaboliques qui sont :

Ø tour de taille > 100cm chez l'homme et 90 cm chez la femme

Ø triglycérides à jeun > 1,5 g/l

Ø cholestérol HDL < 0,4 g/l chez l'homme et 0,5 g/l chez la femme

Ø TA > 130/85 mm Hg

Ø glycémie > 1,10 g/l

L'association de ces facteurs de risque multiplie par 20 le risque de maladie cardio-vasculaire par rapport aux sujets indemnes dans la même classe d'âge (40 - 60 ans). Sa prévalence dans les pays « riches » est considérable puisqu'il concerne entre 10 et 25% de la population, avec une incidence croissante (25 % des enfants américains présentent une insulinorésistance, qui est le substrat physiopathologique de cette affection). Le plus significatif des marqueurs semble être la triglycéridémie, qui pourrait révéler en particulier des insulinorésistances très précocément (dès l'âge de 6 ans).

Cette entité étant multi-factorielle, sa prise en charge l'est également. Les premières mesures sont d'ordre hygièno-diététiques, visant à la réduction pondérale, avec un objectif moyen de diminution de 7% du poids corporel. Elle doit être associée à une activité physique régulière, d'au moins 30 mn de marche quotidienne, qui aura de multiples effets bénéfiques sur les métabolismes glucidiques et lipidiques, la pression artérielle et la régulation pondérale.

Si ces mesures sont insuffisantes, divers traitements peuvent trouver leur place dans le cadre d'une stratégie devant étudier chaque cas particulier : anti-diabétiques oraux diminuant l'insulinorésistance (Glitazone), hypolipémiants type fibrates ou statines (essais concluants avec la simvastatine).

Le dépistage précoce de cette affection, qui passe avant tout par une bonne information des médecins traitants, permet d'envisager une prise en charge efficace et une régression des pathologies métaboliques et cardio-vasculaires favorisées par cet ennemi sournois.

Quot. Med. - Dec. 2003