Malgré les progrès effectués dans le domaine de la virologie, un grand nombre de méningo-encéphalites virales restent non diagnostiquées. Si cela se révèle sans conséquences pour certaines d’entre elles, bénignes et spontanément résolutives, pour d’autres le retard diagnostique et thérapeutique peut avoir des conséquences fatales. Il est donc important de disposer d’éléments sémiologiques et épidémiologiques permettant un diagnostic présomptif rapide. En effet la symptomatologie et la biologie (examen du LCR montrant une pléiocytose lymphocytaire, une discrète hyperprotéinorachie et une glycorachie normale) dans les formes débutantes est souvent comparable dans ces affections.
1) Méningites à Enterovirus : ils sont responsables de la très grande majorité des cas observés en France (90%). Le mode de transmission est oro-fécal et le réservoir est essentiellement humain. L’affection est essentiellement endémique même si des poussées épidémiques liées à certains sérotypes sont parfois observées. De même, on note classiquement une recrudescence estivo-automnale et une légère prédominance masculine. Le pronostic est favorable avec des troubles neurologiques presque toujours spontanément et rapidement régressifs. Les formes graves (immunodéprimés et nouveaux-nés) peuvent relever d’un traitement antiviral efficace (Pléconaril, inhibiteur de la décapsidation).
2) Méningoencéphalites à HSV (Herpes virus Simplex) : Il s’agit à l’inverse d’une affection rare (1 à 4 cas/million d’habitants) mais très grave (mortalité spontanée de 70% avec séquelles quasi-constantes chez les survivants). L’espoir réside dans un diagnostic rapide, même s’il doit être posé par excès, permettant la mise en place d’un traitement présomptif spécifique par aciclovir par voie IV. Il est important de savoir que la plupart des cas sont observés à l’occasion de réactivations virales et non de primo-infections. HSV-1 est surtout impliqué chez l’adulte et le grand enfant alors que HSV-2 est responsable de la plupart des formes néo-natales (contamination dans la filière génitale).
3) Arbovirus et encéphalites à tiques : transmis par ces insectes vecteurs, ils sont répandus à travers le monde, mais épargnent pour l’instant la France métropolitaine. Il doivent être évoqués en premier lieu dans les cas d’importation à la suite de voyages dans des pays d’endémie. Le pronostic est variable en fonction du virus impliqué (alpha-, flavi-, bunya-, phlébovirus…).
4) West Nile Virus : autrefois cantonné aux pays en voie de développement, cette affection a fait son apparition aux USA (en 1999 à New-york) à la suite d’un changement écologique (réservoir aviaire s’implantant aux Etats-Unis). Ce Flavivirus est responsable classiquement d’un syndrome pseudo-grippal avec des complications neurologiques rares (1%) et de gravité variable.
5) Virus rabique : la rage est éradiquée en France depuis 1970 et les seuls cas sont des cas d’importation à la suite de morsures par des chiens ou des chauve-souris en pays d’endémie. Il faut systématiquement évoquer ce risque dans la mesure où seul un traitement préventif (vaccinothérapie et immunoprophylaxie spécifique) avant apparition des troubles permet de sauver la vie du patient contaminé.
6) Encéphalites à virus lents : Les virus dits « lents » tels le virus de la rougeole et le virus de la polyomyélite peuvent entraîner des maladies méningoencéphalitiques d’évolution progressive et souvent mortelle.


Option Bio – 12/2003