La mise au point récente de la technique dite CANARY (pour Cellular Analysis and Notification of Antigen Risks and Yields) pourrait rapidement offrir une alternative à la PCR. Elle est basée sur l’utilisation de lymphocytes B comme agents biodétecteurs. Des lignées lymphocytaires sont préalablement génétiquement modifiées afin d’exprimer dans leur cytoplasme une aequorine. Cette protéine présente des propriétés de luminescence calcium-dépendante. Si ces lymphocytes sont sensibilisés à des antigènes donnés, ils expriment à leur surface membranaire des Ac spécifiques de ces derniers. S’ils sont de nouveau en leur présence, il y a formation de complexes Ag/Ac et les modifications membranaires entraînent une augmentation de calcium intra-cellulaire. Il en résulte un signal luminescent qui pourra alors être mesuré.
L’intérêt de cette méthode est sa rapidité, sa haute spécificité et sa grande sensibilité, qui pourraient être supérieures à celles de la PCR. Des études préliminaires ont permis de détecter par exemple une quantité infime de Yersinia pestis (50 UFC) en moins de 3 minutes, un faible nombre d’E. Coli O157 : H7 dans divers aliments en moins de 5 mn. Outre ces applications dans le domaine de la santé, son utilisation dans le domaine de la lutte contre le bioterrorisme (recherche de spores de Bacillus anthracis sur écouvillonage nasal) ou dans les maladies émergentes (détection du Coronavirus mutant du SRAS) est également envisagée.
Science 07/2003
