La découverte fortuite d’un nodule thyroidien s’accompagne généralement d’un bilan biologique recherchant une dysthyroïdie, mais pas forcémént d’un dosage de thyrocalcitonine. Or, comme l’a montré une équipe italienne en 1991, ce dosage permet un diagnostic préopératoire de cancer médullaire de la thyroïde de bien meilleure qualité que la cytoponction thyroïdienne (amélioration de la sensibilité et de la spécificité). Afin d’évaluer l’intérêt de ce dosage systématique devant la découverte d’un nodule thyroïdien, une étude a récemment comparé les résultats obtenus chez 10000 patients ayant bénéficié de ce dosage par rapport à des sujets dont le diagnostic de CMT a été fait sans dosage systématique. Le dépistage biologique a permis de déceler un CMT chez 44 de ces 10000 patients. La précocité diagnostique a pour conséquence une amélioration notable des résultats thérapeutiques avec à la fin du suivi une rémission complète chez 59% des patients (contre 2,7% chez les sujets n’ayant pas eu de dépistage biologique). La principale raison de cette amélioration est la possibilité offerte au chirurgien de réaliser un geste d’exérèse radicale en cas de découverte à un stade débutant.
Même s’il reste rare, le CMT doit donc systématiquement être dépisté en cas de découverte de goître nodulaire et la mesure de la calcitonine de base doit faire partie intégrante de l’évaluation des nodules thyroïdiens.
J Clin Endocrinol Metab 2004 – 89
