L’hérédité est un facteur de risque important de DID de type 2. Par ailleurs, l’insulinorésistance est l’anomalie métabolique préexistant au diabète de type 2. Une étude a donc été menée chez des sujets non diabétiques mais descendants de diabétiques de type 2 pour comparer leur degré d’insulinorésistance par rapport à des sujets appariés pour l’âge, la taille, le poids et l’activité physique mais sans antécédent familial de diabète.
La sécrétion d’insuline était déclenchée par une perfusion de solution glucosée. La sensibilité du foie et du muscle à l’insuline était étudiée grâce à des techniques adaptées (spectroscopie par absorbance magnétique de protons pour mesurer le taux de lipides intra-myocellulaires, spectroscopie par résonance magnétique du Phosphore 31 pour évaluer la phosphorylation oxydative mitochondriale musculaire, etc…).
Les résultats ont montré des différences significatives. Chez les sujets à risque familial, la résistance à l’insuline se traduit par une captation de glucose par le muscle 60% inférieure à celle des sujets témoins pour une stimulation insulinique équivalente. Elle est associée, et peut-être liée, à une augmentation importante du contenu lipidique intra-myocellulaire (+ 80%). Cette surcharge graisseuse découle probablement d’un dysfonctionnement mitochondrial (qui se traduit par une diminution de 30% de la phosphorylation oxydative mitochondriale). Ces observations permettent non seulement de confirmer la présence d’une résistance à l’insuline d’origine héréditaire et retrouvée indépendamment d’un excés pondéral, mais d’établir la séquence des évènements pouvant conduire au diabète de type 2 : Facteur génétique / défaut de phosphorylation oxydative mitochondriale / anomalie du métabolisme des acides gras dans les cellules musculaires / insulinorésistance / diabète de type 2. Cette hypothèse devra être confirmée et précisée mais elle ouvre des perspectives nouvelles dans le cadre de la prévention de cette affection.


NEJM 2004 – 350