Les valeurs physiologiques de l’hémogramme sont dépendantes de l’âge du sujet. Ces fluctuations sont particulièrement importantes chez le nouveau-né et l’enfant en bas-âge. En effet, la difficulté première tient surtout à la qualité du prélèvement sanguin, avec des volumes souvent faibles impliquant de remplacer ou de compléter les techniques automatisées par des techniques manuelles (passage « manuel » de l’échantillon, revue de lame au microscope…). Dans tous les cas les résultats doivent être interprétés avec prudence et en tenant compte des variations physiologiques affectant plus particulièrement les lignées rouges et blanches.
La lignée érythrocytaire présente des variations rapides et importantes. En fonction du terme, l’hémoglobine varie de 15 à 22 g/dl à la naissance. Elle diminue après 2 semaines de vie de façon progressive jusqu’à environ 6 mois où elle atteint un minimum (10 g/dl). Elle va ensuite remonter progressivement et avec une cinétique très variable d’un enfant à l’autre pour rejoindre les valeurs adultes à l’adolescence. La macrocytose est habituelle à la naissance et se prolonge environ un mois. Une microcytose diminuant graduellement (<70 fl pendant 1 à 2 ans, puis <75 fl jusqu’à 2 à 6 ans) est par la suite classiquement décrite, en rapport avec une carence martiale relative. Les érythroblastes circulants sont également fréquemment retrouvés au cours des premiers jours de vie. Ils doivent être quantifiés du fait de leur interférence avec les globules blancs afin de corriger la numération leucocytaire.
Cette dernière présente également des spécificités pédiatriques avec une leucocytose allant de 9 à 30 000 /mm3. Le retour vers les valeurs normales s’effectue progressivement. La formule est également inversée avec une neutrocytose des premiers jours à laquelle succède la classique lymphocytose jusqu’à l’âge de 7-8 ans. Chez le nourrisson, les lymphocytes ont souvent un aspect irrégulier (noyau en trèfle…), et l’on retrouve parfois des cellules souches (hématogones) qu’il ne faut pas identifier abusivement à des lymphoblastes (l’immunophénotypage en démentira le caractère monoclonal). Du fait de l’immaturité physiologique de la production médullaire, la formule leucocytaire offre un intérêt relatif si la numération est normale et doit faire l’objet de commentaires prudents.


Option Bio – 02/2003