La fiabilité des tests biologiques de dépistage de l’allergie chez l’enfant est parfois discutée. Si le dosage des IgE spécifiques a effectivement une faible valeur diagnostique, l’intérêt de 2 autres examens de première intention méritait d’être confirmé. Il s’agit de 2 tests sérologiques concernant l’allergie respiratoire (Phadiatop) et alimentaire (FX5). Les auteurs les ont évalué sur 2 groupes de patients pédiatriques, d’un côté 61 enfants recrutés dans un service spécialisé en allergologie (groupe 1), de l’autre 136 enfants hospitalisés dans une unité pédiatrique non spécialisée dans l’allergie (groupe 2).
Les fréquences de positivité de l’un et/ou l’autre test étaient élevées dans le groupe 1 (68,8%) comme attendu, mais également dans le groupe 2 (35,5%).
Pour ce qui est de la sensibilité du test, tous les patients du groupe 1 présentant un test positif souffrait d’une allergie confirmée. Par contre seuls 42% des enfants du groupe 2 pour lesquels une allergie était soupçonnée avaient un test positif.
Concernant sa valeur prédictive négative, elle était de 100% dans le groupe 2 puisqu’aucun sujet négatif pour les tests de première ligne ne présentait d’IgE spécifiques avec les tests conventionnels. Il est regrettable que les auteurs n’aient pas communiqués de résultats concernant la spécificité dans le groupe 1.
Enfin, 30% des enfants sans suspicion de maladie allergique présentaient des résultats positifs aux tests de première intention. La recherche d’IgE spécifiques a permis de confirmer largement ces résultats pour les pneumallergènes (95% des cas), beaucoup moins pour les trophallergènes (71%).
Les tests biologiques de première intention montrent donc une bonne sensibilité en cas de suspicion d’allergie, une bonne valeur prédictive négative chez les sujets non suspects d’allergie, et une bonne spécificité pour le phadiatop. Dans une logique de dépistage, ils peuvent être utilisés en première intention avec une plus grande fiabilité des tests pneumallergèniques. Ils devront de toute façon être confirmés par une expertise allergologique (anamnèse, tests cutanés) et/ou la recherche d’IgE spécifiques.
J Investig Allergol Clin Immunol 2003 ;13
