Chlamydia trachomatis est un agent de MST responsable d’infections génitales hautes chez la femme en période d’activité génitale. Il est le principal pourvoyeur de stérilités tubaires car les salpyngites sont souvent peu symptomatiques et donc non traitées. Par contre l’impact de ces infections génitales sur la fertilité masculine n’avait pas été évalué sérieusement. C’est pour remédier à cette lacune qu’une équipe suédoise a mené pendant plus de 3 ans une étude prospective englobant 244 couples infertiles et autant de couples témoins fertiles. Un dépistage sérologique était effectué chez chacun des membres du couples avec confirmation d’un portage par biologie moléculaire en cas de positivité. Comme l’on pouvait s’y attendre la proportion de femmes séropositives dans le bras infertile était significativement plus élevée que dans le bras fertile (25% contre 15%). Mais la principale information a été tirée de la comparaison entre les couples sérodiscordants dont la femme était séronégative alors que l’homme était séropositif et les couples séronégatifs. L’étude de la fécondité dans ces 2 groupes a montré que la positivité même isolée chez l’homme diminuait de 33% les chances pour le couple d’avoir une grossesse. Le mécanisme physiopathologique n’est pas encore établi ((altération de la spermatogenèse, diminution de la mobilité et de la vitalité des spermatozoïdes du fait de l’infection...). La prise en compte de ce facteur de risque d’hypofertilité masculine doit d’ores et déjà inciter à prendre 2 mesures. Premièrement, informer la population masculine du risque encouru en contractant l’infection. Deuxièmement rechercher systématiquement une infection à Chlamydia trachomatis (sérologie et biologie moléculaire) chez les 2 membres d’un couple infertile. Une étude évaluant l’augmentation du potentiel de fécondité au décours d’un traitement antibiotique efficace devra également être menée.


Hum Reprod – 04/2004