M. pneumoniae est l’agent de la pneumonie atypique primitive. Cette bactérie est remarquable par sa taille très réduite et son absence de paroi cellulaire, ce qui lui impose un développement intra-cellulaire. Ces caractéristiques, ainsi que la symptomatologie des pneumopathies induites ont longtemps fait penser que ce microorganisme était d’origine virale. Pourtant, il s’agit bien d’une bactérie, mais son isolement après culture cellulaire est long et fastidieux ce qui exclut cette méthode du cadre diagnostique standard. Le diagnostic biologique s’appuie donc sur des moyens indirects et directs. Le diagnostic indirect repose essentiellement sur la sérologie, par méthode ELISA ou IFI. Les Ac apparaissent environ 8 jours après le début des signes, atteignent un titre maximal vers la 3ème semaine et décroissent plus ou moins rapidement en fonction de l’évolution de l’affection. Ils peuvent persister jusqu’à un an, mais cette immunité n’est pas définitive et peu protectrice. Il faut noter la fréquence des réactions dysimmunitaires accompagnant cette affection (anémie hémolytique auto-immune avec agglutinines froides, anticorps anti-nucléaires ou anti-organes…). Le diagnostic direct est dévolu à la PCR à partir d’échantillons issus du tractus respiratoire, sensible et spécifique, d’autant plus que M. pneumoniae ne fait pas partie de la flore commensale. Malheureusement cet examen limité à un nombre très réduit de laboratoires reste peu accessible en pratique. Du point de vue clinique, la pneumonie atypique primitive se traduit habituellement par une atteinte bénigne pouvant concerner n’importe quelle partie du tractus respiratoire et de la sphère ORL. Des complications cardiaques et surtout auto-immunes sont également possibles, de même que des formes graves exceptionnelles pouvant aller jusqu’au choc septique. Le caractère traînant, résistant aux béta-lactamines et associé à des manifestations hématologiques ou auto-immunes de toute affection respiratoire devra inciter le clinicien à demander une sérologie. Le traitement repose sur 3 classes d’antibiotiques : les cyclines, les macrolides et les fluoroquinolones. Il permet généralement une régression rapide de la symptomatologie.
Presse Med – 01/2004
