L’anticoagulation orale par AVK reste la meilleure prévention au long cours du risque thrombo-embolique. La stabilisation optimale du niveau d’anticoagulation entraîne un niveau d’hypocoagulabilité suffisant pour prévenir un événement thrombo-embolique sans toutefois induire un risque hémorragique excessif. Pour cela, il faut bien entendu une bonne observance de la part du patient, une surveillance biologique régulière par détermination de l’INR mais aussi des fourchettes de valeurs acceptables pertinentes.
Du fait de la prévalence importante d’accidents hémorragiques pour des patients pour lesquels un haut niveau d’hypocoagulabilité était requis, une équipe a récemment essayé de diminuer les valeurs d’INR acceptables tout en évaluant les conséquences de ce changement d’attitude.
Pour les porteurs de valves mécaniques, les valeurs moyennes d’INR étaient ramenées de 4 (3,6 – 4,8) à 3,5 (3 à 4) et pour les sujets en fibrillation auriculaire ou victimes d’accidents vasculaires cérébraux de 3,5 (3 – 4,5) à 3 (2,5 –3,5).
Cette étude a porté sur environ 4600 patients répartis en 2 groupes (fort et faible niveau d’anticoagulation) et a permis de comparer le taux de complications hémorragiques et d’évènements thrombo-emboliques dans ces 2 groupes. Les résultats ont été éloquents et largement en faveur du groupe le moins anticoagulé. L’incidence globale d’événement indésirable a en effet diminué de 5,7 à 3,6 pour 100 patients-années. L’incidence des hémorragies majeures baissait logiquement de 3,6 à 2,7 pour 100 patients-années. En outre, l’incidence des évènements thrombotiques était paradoxalement abaissée (de 2 à 0,8 pour 100 patients-années) (peut-être du fait de l’interruption moins fréquente du traitement ?). Ces résultats, s’ils sont confirmés par d’autres travaux pourraient induire une modification des objectifs biologiques du traitement anticoagulant par AVK.
Arch. Intern Med 2004 ; 164
