Décrit pour la première fois en 1979, le PSA (Prostatic Specific Antigen) a d’abord été considéré comme un marqueur dans le suivi des patients traités pour cancer de la prostate. Ce n’est que récemment, faisant suite à plusieurs études menées à ce sujet, que son intérêt a été reconnu dans le dépistage de masse du cancer de la prostate. La surveillance annuelle chez l’homme de plus de 45 ans permet de diminuer nettement la mortalité induite par ce cancer et joue un rôle décisionnel important dans la réalisation d’une biopsie prostatique.
La notion de valeur seuil est très discutée. Longtemps fixée à 4 ng/ml, plusieurs études récentes ont suggéré de l’abaisser à 2,5 ng/ml. Une étude prospective américaine portant sur 3000 volontaires sains suivis pendant 7 ans a confirmé cette tendance. En effet, parmi les sujets pour lesquels le taux de PSA était resté inférieur à 4 avec un toucher rectal également normal, l’examen histologique après biopsie systématique a montré la présence de cellules cancéreuses chez 15% d’entre eux. La prévalence augmente graduellement avec le taux de PSA passant de 7% pour des valeurs inférieures à 0,5 à 27% pour des valeurs entre 3 et 4 ng/ml.
Ces données doivent inciter à baisser la norme actuelle et à interpréter avec prudence des résultats considérés comme jusqu’à présent normaux afin d’éviter les faux négatifs dans le cadre d’un dépistage de masse. D’autres mesures telles que la standardisation des méthodes, l’ajustement des valeurs en fonction de l’âge, le recours à d’autres marqueurs (PSA libre/ PSA total, PSA vélocité…) peuvent également être envisagées.
NEJM – 2004 vol 350
