Les MICI sont dominées par 2 grandes entités nosologiques : la Maladie de Crohn (MC) et la Recto-Colite Hémorragique (RCH). Ils s’agit de maladies chroniques, invalidantes, évoluant sur un mode habituellement discontinu avec des périodes de poussée et de rémission. Leur prévalence est en hausse, actuellement estimée à 150/100 000 individus en Europe occidentale. Le diagnostic différentiel est très important car les traitements de ces 2 affections sont différents. Pendant longtemps, il reposait essentielleme,nt sur des critères cliniques, morphologiques et surtout histologiques. Leur fiabilité était parfois discutable, surtout au début de l’affection et dans certaines formes peu typiques. Dans ce cadre, de nouveaux outils biologiques, peuvent constituer une aide précieuse au diagnostic étiologique non invasif.
La nature auto-immune de ces affections étant démontrée, on a logiquement recherché des auto-Ac dans le sang des patients concernés.
Pour la MC, des Ac dirigés contre des épitopes oligomannosidiques de la levure de Saccharomyces cerevisiae (ASCA) ont été retrouvés chez un grand nombre de sujets. Leur présence à un taux significatif aurait une valeur prédictive positive d’environ 95%. L’association du dosage des IgG et des IgA ainsi que l’utilisation de technique ELISA permettent un dépistage et suivi optimal.
Pour la RCH, les meilleurs marqueurs sont les ANCA (Ac Anti-Cytoplasme des Polynucléaires Neutrophiles). Ces Ac recherchés par IFI sur des frottis de PN humains sont fréquemment retrouvés dans les vascularites. Des sous-classes d’ANCA peuvent être définies en fonction de l’aspect de la fluorescence (cytoplasmique ou périnucléaire) et du fixateur utilisé (éthanol, formol, méthanol). Pour la RCH ce sont les x-ANCA (aspect périnucléaire sur des lames fixées au méthanol) qui sont les mieux corrélés. Leur présence à un taux significatif offre une sensibilité de 70% pour 2 pathologies souvent associées : la RCH et la cholangite sclérosante primitive. La spécificité de cet examen est d’environ 85%.
C’est surtout la combinaison des résultats des ASCA et des x-ANCA qui est très intéressante pour établir un diagnostic différentiel : l’association ASCA+/x-ANCA- permet de diagostiquer une MC avec une valeur prédictive positive de 96%, alors que l’association contraire permet de diagnostiquer une RCH avec une valeur prédictive positive de 93%.
Des études sont en cours afin d’évaluer l’intérêt de ces Ac comme marqueurs d’activité ou d’efficacité thérapeutique dans les MICI.
LCL nouvelles brèves – 07/2004
