Une étude récente ayant mis en évidence l’existence de cas de cancer de la prostate chez des patients ayant une PSA totale normale, d’autres indicateurs doivent être envisagés en complément dans le cadre du suivi ou du dépistage. Une équipe américaine s’est donc intéressée à la vitesse (ou vélocité) du PSA (ou plus exactement la vitesse d’élévation du PSA). Elle se définit par la différence entre 2 taux de PSA effectués chez un même individu avec la même technique à un an d’intervalle. L’étude a porté sur 1095 hommes atteints d’un cancer localisé de la prostate (stade T1c ou T2) traités par prostatectomie radicale et suivis pendant 5 ans. Certains facteurs pronostiques péjoratifs étaient déjà connus : taux élevé de PSA au moment du diagnostic, score de Gleason > 8 et stade clinique T2. La vitesse du PSA était très variable en fonction des individus. Les auteurs ont observés un risque relatif de décès par récidive du cancer de la prostate 10 fois plus élevé chez les patients ayant une vitesse du PSA supérieure à 2 (ng/ml/an). Même s’il est difficile de dissocier cet indicateur des autres facteurs pronostiques, les auteurs proposent d’étudier le bénéfice d’une chimio- ou hormonothérapie adjuvante chez ces patients. D’autre part, dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate, le calcul de cette vitesse chez les patients suivis annuellement permettrait de définir un groupe de sujets à risque de cancer agressif. Une surveillance plus rapprochée pourrait alors être mise en place. A noter que pour d’autres auteurs, la valeur seuil décisionnelle de la vitesse du PSA dans le cadre du dépistage devrait être abaissée à 0,75 ng/ml (National Comprehensive Cancer Network).
NEJM – 07/2004
