L’élévation des transaminases (et en particulier des SGPT ou ALAT) chez les sujets infectés par le VHC a une importance double. Tout d’abord dans le diagnostic de l’infection puisque la découverte fortuite de leur élévation au cours de bilans de routine déclenche souvent une sérologie des hépatites virales. Du point de vue thérapeutique, cette élévation fait également partie des indications du traitement spécifique.
Cependant les différentes études chez des sujets infectés montrent que 25 à 30% des séropositifs ont, avant tout traitement des transaminases normales. L’étude de cette population montre un sex-ratio généralement féminin (de 50 à 90% selon les études). Ils sont comparables aux patients avec transaminases élevées pour ce qui concerne d’autres caractéristiques de l’infection telles que le mode de contamination ou la charge virale.
L’étude histologique du foie de ces patients montrent que seuls 17% d’entre eux ont un foie normal. La grande majorité d’entre eux présente des atteintes minimes (34%) ou légères (44%). La probabilité d’avoir une fibrose >ou = 2 n’est que de 10%.
Toutefois ces données ont conduit le NIH américain à considérer que le taux d’ALAT n’était pas un marqueur fiable de la sévérité de l’atteinte. Du point de vue thérapeutique, une étude multicentrique a été conduite afin d’évaluer la réponse de cette population aux traitements habituels (Interféron pégylé 180 mg/sem + ribavirine 800 mg/j). Tous les patients inclus présentaient des lésions hépatiques. L’efficacité du traitement était appréciée par la réponse virologique à la fin du traitement et prolongée (6 mois), cette dernière correspondant à une guérison théorique. Celle-ci a été obtenue chez 72% des patients infectés par des VHC de génotype 2 ou 3 et 40% en cas de génotypes 1. Ces taux sont comparables à ceux retrouvés chez les patients ayant des transaminases élevées. Il ne semble donc pas licite de proposer un traitement spécifique en cas de transaminases normales. Il est important de noter qu’aucune élévation transitoire de ces enzymes n’a été observée pendant l’étude.
Au contraire, cette activité a généralement baissé et elle est restée inférieure au taux initial chez les patients guéris. Cette constatation reflète la variabilité interindividuelle du taux de transaminases et la difficulté de définir un taux d’ALAT normal.
39ème congrès de l’EASL - 2004
