L’équilibre glycémique chez les sujets diabétiques est principalement apprécié par le dosage de l’HbA1c. L’organisme passant environ 14 heures par jour en période post-prandiale et 10 heures à jeun. Pour connaître les rôles respectifs de la glycémie à jeun et de la glycémie post-prandiale dans l’hyperglycémie globale, une étude française a étudié 290 patients en comparant les résultats d’une auto-surveillance régulière à ceux de l’HbA1c. La tendance forte se dégageant de cette étude est que plus la glycémie à jeun est élevée, plus elle participe à l’hyperglycémie totale. Ainsi, chez les sujets ayant une HbA1c inférieure à 7,3%, la part de la glycémie à jeun est de 30% et celle de la glycémie post-prandiale de 70%. Cette proportion est inversée chez les sujets ayant une HbA1c > 10,3%. Il apparaît donc essentiel, chez les diabétiques apparemment bien équilibrés (HBA1c < 7,5%) d’insister sur l’amélioration de la glycémie post-prandiale. En effet, se satisfaire d’un résultat globalement satisfaisant sera une grave erreur au vu des résultats de différentes études. L’hyperglycémie post-prandiale induit plus spécifiquement un risque cardio-vasculaire élevé, avec une multiplication par 4 de l’incidence d’infarctus du myocarde (IDM) chez les diabétiques de type II (X 2,5 chez les sujets intolérants au glucose). Inversement, une métaanalyse montre une diminution de 64% de l’incidence d’IDM chez les diabétiques traités par ascarbose avec effet positif rapide (dès le 2ème mois). La diminution de la morbidité cardio-vasculaire générale est de 35%. Chez les diabétiques bien équilibrés, cette action doit donc être prioritaire. Elle passe bien sûr par des moyens hygiéno-diététiques, en privilégiant les aliments riches en fibres et/ou à faible index glycémique. Cette alimentation, en plus de diminuer le pic glycémique post-prandial, favorise également la sensibilité à l’insuline et a un effet positif sur le bilan lipidique (diminution du cholestérol total et du LDL-CT sans modification du HDL-CT). Le cas échéant, un complément thérapeutique recourant à l’acarbose (Glucor) peut être envisagé avec les résultats probants enregistrés.


Alfediam 2004