Les glandes parathyroïdes secrètent la parathormone. Principale régulatrice du métabolisme phospho-calcique, elle set constituée dans sa forme intacte de 84 acides aminé (AA) dont la partie biologiquement active est située en position N-terminale (1-34). C’est à ce niveau que se trouve le site de liaison avec le récepteur situé dans les tubules rénaux. Lorsque le calcium ionisé diminue, la stimulation des parathormones conduit à la secrétion de PTH intacte (1-84) mais également de protéines incomplètes. Diverses formes incomplètes peuvent également découler du clivage de la PTH intacte au niveau hépatique. On se retrouve donc en présence dans la circulation sanguine de nombreux fragments (1-34, 39-68, 44-68, 39-84, 46-84, 56-84, 7-84). Cette hormone est considérée comme un paramètre traditionnellement difficile à doser (méthode immunométrique). Seules les formes actives jouant un rôle physiologique, les dosages de PTH intacte mis au point depuis 1987 utilisent 2 Ac dirigés contre 2 épitopes différents de la molécule, l’un dans la fraction N-terminale (AA 10-30), l’autre dans la fraction C-terminale (AA 50-70). Toutefois la découverte en 1996 d’un fragment 7-84 inactif ou antagoniste mais largement reconnu par les techniques immunométriques classiques (réaction croisée de 45%) pose un problème, en particulier chez les insuffisants rénaux chez lesquels sa concentration peut être élevée.
Pour remédier à cette réaction croisée, de nouveaux dosages ont été proposés. Ils sont dénommés PTH bioactive, complète ou bio-intacte. Leur particularité est d’utiliser un Ac ayant pour site de liaison les 6 premiers AA. Il ne peut donc y avoir de reconnaissance du fragment 7-84. Des études permettant d’évaluer l’apport de cette technique chez les insuffisants rénaux ont été menées (et sont toujours en cours pour certaines). L’apport de nouveau marqueur dans l’évaluation du remaniement osseux chez les insuffisants rénaux par rapport à la PTH intacte classique n’est pas encore tranchée. Les valeurs retrouvées pour la PTH bio-intacte sont en effet significativement plus basses, mais il en est de même pour les valeurs de référence. En outre, ces études ont mis en évidence un nouveau fragment dont l’extrémité N-terminale est conservée mais qui serait modifié par phosphorylation. Si son importance reste modeste chez le sujet sain (environ 8% de la PTH bio-intacte), cette proportion atteint 25% chez l’insuffisant rénal. Son activité biologique n’ayant pas encore été évaluée, le débat reste ouvert sur les différentes formes circulantes de la PTH, leurs détection et leur interprétation.


DPC news – Mars 2004