Les traitements anti-mitotiques effectués chez la fillette et la femme jeune sont fréquemment responsables de stérilité féminine. Afin de permettre à ces patientes, une fois guérie, d'avoir des enfants, une politique de conservation de tissu ovarien avec biopsie pré-thérapeutique a été mise en place depuis une dizaine d'années. Cependant, aucune naissance n'avait jusqu'à présent concrétisée cette démarche. C'est aujourd'hui chose faite depuis le 23 Septembre. Une petite fille de 3,720 kgs est née à Bruxelles d'une mère de 32 ans qui avait bénéficié d'une réimplantation de tissus ovariens congelés à la suite d'un traitement radio- et chimiothérapique. Il avait été administré en 1997 après qu'un lymphome de Hodgkin grade IV ait été diagnostiqué. Auparavant, 5 fragments (12 à 15 mm de long sur 5 mm de section) de l'ovaire gauche avait été prélevés par biopsie et cryopréservés. La patiente avait été mise sous contraceptifs oraux entre 1998 et 2001. Durant cette période, une seule ovulation s'est produite, ce qui a permis de conclure à un dysfonctionnement ovarien post-thérapeutique. La réimplantation des tissus ovariens a donc été décidée. Techniquement, il a fallu créer par laparoscopie une cavité péritonéale au contact du hile ovarien droit. Une électrocoagulation des parois de cette cavité a favorisé une néoangiogénèse locale. Une semaine plus tard, 35 cubes de 2mm ont été transplantés en position orthotopique. Un contrôle laparoscopique à 4 mois a permis de contrôler la viabilité des greffons et l'absence de réactivation hodgkinienne, avant réimplantation du reste de tissu ovarien. A la suite de cette seconde réimplantation, une activité hormonale cyclique a été détectée, avec mise en évidence échographique d'un follicule ovarien sur le tissu greffé. 10 mois plus tard, le diagnostic de grossesse a été posé et a conduit à la naissance de la petite fille au terme d'une grossesse normale. Même s'il est impossible d'exclure formellement que les ovaires natifs aient pu être à l'origine de l'ovule fécondé, la probabilité qu'il provienne du tissu greffé est grande. Cette expérience est une source d'espoir pour toutes les jeunes femmes dans le même cas de figure. Elle souligne également l'intérêt de la greffe orthtopique par rapport aux solutions alternatives (greffe hétérotopique, culture in vitro de tissu ovarien…).
The Lancet on line – 09/2004
