La comparaison des résultats d'études rétrospectives menées entre 1973 et 1980, puis entre 1991 et 1997 chez des patients sous traitements anti-cancéreux a donné des informations intéressantes. Ces patients sous traitement immunosuppresseur sont sujets aux neutropénies et à des bactériémies intercurrentes. Alors que les anciennes données montraient une prédominance des bactéries à Gram négatif (E. coli, Klebsiella sp, P. aeruginosa), la dernière étude montrait une inversion de la tendance. Les bactéries les plus fréquemment retrouvées étaient les staphylocoques coagulase négative et les Streptococcus viridans. L'augmentation de cette incidence s'explique par 2 facteurs : l'utilisation des voies intra-vasculaires et surtout la prévention par antibioprophylaxie dirigée contre les gram négatifs (fluoroquinolones ++). L'incidence de ces bactéries a effectivement diminuée. Malheureusement le taux de mortalité globale n'a pas diminué et des souches d'E. coli résistantes aux fluoroquinolones ont été sélectionnées. En outre, si l'association simultanée de ?-lactamines a permis de diminuer la fréquence des bactériémies à streptocoques, elle a aussi favorisé la résistance de ce germe à la pénicilline. Afin d'éviter l'aggravation de ces résistances, le groupe international de Thérapie Antibactérienne préconise la diminution de l'utilisation des fluoroquinolones dans cette indication. La diminution de 52 à 33% des prescriptions a eu pour corollaire une diminution des résistances de 38 à 20%. D'une façon générale, la définition de patients à risque faible ou important doit permettre l'adaptation des schémas thérapeutiques afin de diminuer la sélection de souches résistantes.
Lancet - 03/2002
