La morbidité liée à la consommation de tabac va croissante dans les pays industrialisés. Les principaux composés toxiques sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (« goudrons ») et la nicotine. Les effets induits sont une augmentation du risque cancérigène sur les organes cibles, des troubles cardio-vasculaires chroniques ou aigus, des troubles respiratoires et un état de dépendance, principalement lié à la nicotine. Du fait de ce dernier, le sevrage est difficile. Un suivi médical peut alors être indispensable. Si l'approche psychologique est fondamentale, le médecin peut aujourd'hui s'appuyer sur des marqueurs biologiques objectifs pour déterminer le degré de l'intoxication tabagique, suivre l'évolution et valider le sevrage de son patient.

Carboxyhémoglobinémie : marqueur le plus ancien. Relativement peu utile dans la mesure où le taux diminue rapidement dans les heures qui suivent l'arrêt et du fait de sa non spécificité (tabagisme passif ou toute autre source d'intoxication). Il peut simplement donner une idée de l'intensité du tabagisme des patients, à confronter aux données recueillies lors de l'interrogatoire (le prélèvement artériel restant toutefois assez rebutant).

Cotinine urinaire : Il s'agit d'un métabolite de la nicotine pour lequel des mesures standardisées ont récemment été développées. Elle permet à la fois une mesure de l'intoxication tabagique, une surveillance de l'abstinence chez les sujets sevrés sans substitution nicotinique, ou une adaptation des doses chez les sujets substitués. Il s'agit du marqueur princeps de l'intoxication mais aussi de la désintoxication tabagique.

Thyocyanates urinaires : ils sont issus de la détoxification des cyanures au niveau hépatique et sont éliminés lentement (retour à la normale après 2 semaines de sevrage total). Le dosage est plus complexe que celui de la cotitinurie mais il n'est pas influencé par le traitement substitutif. Le contrôle du sevrage chez les patients substitués constitue donc son indication préférentielle.

Spectra Bio - 12/2002