Si les premières infections à VIH ont été décrites en 1981, le VIH est probablement apparu beaucoup plus tôt. Les différents travaux de biologie moléculaire entrepris situent sa date d'apparition entre 1915 et 1941 et avant l'apparition de l'infection aux USA, des épidémies localisées avaient déjà eu lieu en Afrique.

Les virus simiens sont incapables de donner le SIDA chez l'homme mais les virus humains en dérivent néanmoins de façon certaine (SIV cpz/chimpanzé pour HIV1, SIVsm/sooty mangabey pour HIV2). Pour ce qui est du HIV1 groupe M, il est retrouvé pour la première fois en 1950 au Congo, mais son émergence est situé autour de 1931. Plusieurs théories ont été émises pour expliquer le franchissement de la barrière d'espèce. La première ou transmission précoce (XIXème ou début XXème siècle) repose sur une transmission dans le cadre de la chasse ou de la consommation de chimpanzé. La deuxième théorie dite intermédiaire reprend le même mode de transmission mais plus tardivement (1930), avec une dissémination immédiate chez l'homme.

La troisième hypothèse, dite tardive, suppose une diversification chez le chimpanzé avec transmission de souches multiples à l'homme dans les années 1940 - 1950.

Pour beaucoup, l'homme serait directement responsable de cette transmission. En effet, dans la période post-coloniale, de nombreuses campagnes de vaccination ont été menées en Afrique. Malheureusement, de graves manques d'hygiène (seringues utilisées à la chaîne sans stérilisation), ont favorisé la transmission de sujets infectés vers des sujets indemnes. Le vaccin anti-poliomyélitique, d'abord mis en cause, semble devoir être innocenté du fait de l'absence de rétrovirus dans les échantillons étudiés et de sa fabrication à partir du macaque et non du chimpanzé. Mais d'autres campagnes de vaccination ou d'antibiothérapie peuvent être incriminées. Les causes favorisantes de la dissémination sont par contre bien connues : urbanisation des sociétés africaines, révolution sexuelle et développement du tourisme dans ces contrées autrefois peu visitées.

Med/sciences - 11/2001