L’enquête EPICOP est une enquête prospective concernant la présence des bactéries entéropathogènes dans les coprocultures analysées dans les laboratoires de biologie médicale hors hôpital. Les objectifs de cette étude menée dans 14 laboratoires de 10 régions françaises étaient triples : évaluer la fréquence des 4 genres bactériens les plus souvent impliqués dans les entérites d’origine communautaire (Salmonella sp., Campylobacter sp., Shigella sp., Yersinia enterocolitica) ainsi qu’E. coli O157, décrire quelques paramètres épidémiologiques et évaluer la sensibilité des différents isolats aux antibiotiques habituellement utilisés.
Les techniques d’identification de première ligne classiques (Remic) pouvaient être suivis de biotypages dans les CNR. Par ailleurs, tout résultat positif était accompagné d’un recueil de données diverses (état civil, clinique, contexte épidémique ou non, voyages récents, traitements…).
Sur la période considérée (1 an), un total de 4838 coprocultures a été effectué. 262 bactéries pathogènes ont été isolées chez 256 patients, soit 5,3 % d’échantillons positifs. Du point de vue de la fréquence, on retrouvait l’ordre décroissant suivant : Salmonella sp (48,9%), Campylobacter sp (36,6%), Yersinia enterocolitica (8%), Shigella sp (5,3%), E. coli (1,1%).
Pour chaque genre bactérien étudié les sérotypes les plus fréquents étaient S. enteritidis (44,4%) et typhimurium (26,6%) pour les salmonelles, C. jejuni pour les campylobacters (87,8% contre 11% de C. coli) et S. sonnei représentait plus de 50% des shigelles retrouvées.
Du point de vue de l’épidémiologie des patients atteints, il s’agissait d’adultes dans 56% des cas et d’enfants dans 44% des cas. Dans la quasi-totalité des cas, la demande d’examen avait été motivée par un syndrome entérocolitique chez des patients en ambulatoire. La durée moyenne des symptomes avant prescription était de 5,5 jours. La grande majorité des observations (92%) concernait des cas isolés. La notion d’un voyage récent était logiquement plus fréquemment rencontrée en cas de salmonellose que d’infection à Campylobacter (23% vs 6%). Enfin la présence d’un sex-ratio déséquilibré dans ces dernières a également été constatée, avec une prévalence élevée chez l’homme jeune. Elle pourrait être la conséquence de mauvaises pratiques culinaires chez des néophytes ayant jusqu’alors compté sur d’autres pour préparer leurs repas !
BEH – 02/2003
