Cette molécule est le résultat du clivage du domaine extra-cellulaire du récepteur de la transferrine, auquel elle emprunte donc son nom. Son principal intérêt découle de sa stabilité, les autres marqueurs du bilan martial étant le plus souvent sujet à des variations importantes ou à des interférences. Il subit des variations physiologiques, avec une diminution progressive avec l’âge. On ne note pas de différences de valeur entre les 2 sexes.
Son indication principale reste l’anémie associée à des affections chroniques. En effet, à la différence de la ferritine, le Rs-Tf n’est pas modifié par le syndrome inflammatoire souvent présent dans les affections au long cours,. Il permet donc d’établir l’existence ou non d’une carence martiale. Son efficacité et son innocuité en font un excellent candidat avant de réaliser un myélogramme. De la même façon, pendant la grossesse, il reste un bon reflet de la reserve en fer de l’organisme.
Ce dosage facilite également, en l’absence de carence martiale, le diagnostic différentiel entre une anémie hémolytique (Rs-Tf élevé) et une anémie centrale ( Rs-Tf diminué). Au cours du traitement par EPO, il permet de différencier les bons et les mauvais répondeurs et d’adapter au mieux le protocole thérapeutique. Par contre, un sportif surentrainé montrant une élévation significative de Rs-Tf peutv être suspecté de prise d’EPO (conduite dopante).
Face à cette présentation très positive du Rs-Ff, un seul bémol : l’absence de standardisation entre les différents kits de dosage (méthode ELISA) rendant l’interprétation des résultats délicate d’un laboratoire à l’autre. Une meilleure standardisation devrait permettre d’en faire un élément incontournable du bilan martial dans les années à venir.
Option Bio - 03/2003
