Les améliorations dans la prise en charge des infections à VIH et VHC se traduisent par une augmentation de l’espérance de vie et une diminution des risques de transmission à l’enfant lors de la grossesse. Ces facteurs et l’augmentation de la proportion de patients hétérosexuels ont conduit à une demande croissante d’assistance médicale à la procréation par ces patients. Cette demande est légitime à condition que toutes les précautions soient prises afin d’éviter la transmission du virus au conceptus. Pour cela, le laboratoire étudie un échantillon de sperme préalablement à toute tentative. Cette étude consiste en une recherche de virus HCV et une charge virale VIH réalisée aussi bien au niveau du liquide séminal que des spermatozoïdes, après séparation des 2 fractions par centrifugation et décantation. Les techniques utilisées sont la PCR quantitative pour le VIH (ARN dans le plasma séminal, ADN dans les spermatozoïdes) et la PCR qualitative pour le VHC. Les critères d’exclusion sont une recherche d’ARN du VHC positive et une charge virale VIH > 10 000 copies / ml dans le liquide séminal. Si la charge virale est inférieure à ce chiffre, elle est alors mesurée dans les spermatozoïdes. Le résultat va conditionner la technique d’AMP utilisée : si elle est inférieure à 1000 copies/ml, toutes les techniques sont envisageables (IIU, FIV, ICSI) et le choix se fera comme pour un couple séronégatif. Si elle est supérieure à 1000 copies/ml, seule l’ICSI est proposée. L’étape ultime consiste en la mesure de la charge virale après réalisation du TMS, avec des résultats devant être inférieurs à 200 copies / M cellules (ADN VIH) et 5 copies / M cellules (ARN VIH) et la recherche d’ARN viral du VHC doit être négative. Si toutes ces conditions sont réunies, la prise en charge en AMP est envisagée. Elle mettra en jeu une importante activité pluridisciplinaire (infectiologue et/ou hépatologue, obstétricien, biologiste, pédiatre,…). En effet, en cas d’obtention d’une grossesse, tous les moyens seront mis en œuvre pour éviter la transmission materno-fœtale de l’infection (traitement, surveillance, césarienne…)
Biotribune - 03/2003
