Les traitements de la maladie d’Alzheimer (MdA) actuellement disponibles sont uniquement symptomatiques (anti-cholinestérasiques). Ils ne permettent que des améliorations à court terme et n’ont malheureusement pas d’effet sur l’évolution des lésions causales (plaques ß-amyloïdes) et le déclin des fonctions cognitives. La recherche s’est orienté vers l’immunothérapie afin de traiter, voire de prévenir cette maladie neurodégénérative. Des essais de vaccination ont donc été menés. Le motif antigénique utilisé est un fragment modifié du précurseur protéique ß-amyloïde (APP) nommé AN 1792 par le laboratoire pharmaceutique l’ayant conçu. La phase 1 terminée, l’expérimentation est entrée en phase 2 afin de tester l’efficacité du produit chez des sujets atteints de MdA. Celle-ci s’est révélé probante puisque la totalité des 360 patients concernés ont développé une réponse immunitaire humorale avec sécrétion d’Ac dirigés contre les plaques amyloïdes (d’après des analyses immunohistochimiques pratiqués chez des patients). En outre, ces Ac sont très sélectifs puisqu’ils ne reconnaissent pas le précurseur APP, qui n’est pas pathologique. Ils ont également la capacité d’inhiber la synthèse des fibrilles qui sont les unités constituantes de ces plaques amyloïdes et qui auraient une action neurotoxique intrinsèque.
Malheureusement ces résultats porteurs de beaucoup d’espoirs sont contrebalancés par l’apparition d’encéphalites chez 15 des 360 patients. Elle semble directement liée à la réaction inflammatoire locale découlant de l’action immunitaire. Elle serait secondaire à l’activation de lymphocytes T Helpers (TH1 par l’intermédiaire de diverses cytokines, ou TH2 via la stimulation des lymphocytes B et la secrétion d’Ac). La phase 2 a donc été interrompue et les chercheurs travaillent à séparer l’effet immunostimulant recherché de l’effet inflammatoire délétère afin de poursuivre les essais cliniques.


RFL - 01/2003