Prenant en compte la gravité potentielle des affections induites par les STEC, l’AFSSAPS a récemment rendu public un travail concernant ces pathologies. Les E. Coli sont des hôtes normaux de la flore intestinale. Certaines souches (O157/H7) ont la propriété de produire des shiga toxines. Les conséquences morbides peuvent être graves avec un tableau clinique débutant par une simple diarrhée. Chez 90% des sujets elle va devenir sanglante et chez 10% d’entre eux va apparaître un syndrome hémolytique et urémique, ou chez l’adulte un purpura thrombotique et thrombocytémique. Ces symptômes sont dus à l’atteinte de l’endothélium vasculaire par cette toxine. Les âges extrêmes de la vie sont les plus exposés. Le traitement des troubles vasculaires, rénaux, intestinaux et de l’hémostase est symptomatique. Comme dans beaucoup de mécanismes toxiques, l’antibiothérapie n’a pas fait la preuve de son efficacité.
L’émergence de cette pathologie est relativement récente (20 ans environ). Les études menées dans les pays occidentaux montrent clairement qu’elle est liée à une modification des habitudes alimentaires. Les principaux aliments mis en cause lors des épidémies sont la viande hachée de bœuf insuffisamment cuite, les produits laitiers non pasteurisés, les produits végétaux crus ou non pasteurisés (salade, radis blanc, jus de pomme) et l’eau de distribution. Même si la transmission peut être exceptionnellement interhumaine, la responsabilité des nouveaux modes de consommation (hamburgers insuffisamment cuits, multiplication des fast-food) est retrouvée dans de nombreux cas. Le rapport qui se veut une source d’information pour les scientifiques, les industriels et le public suggère de nombreuses pistes de réflexion. Trois d’entre elles sont considérées comme majeures : tout d’abord l’information du corps médical sur cette maladie émergente afin de favoriser les diagnostics précoces et la prévention du risque épidémique. Ensuite disposer d’une méthode standardisée de détection des STEC dans les aliments et/ou l’environnement. Enfin, lancer une analyse quantitative du risque de STEC par familles d’aliments.


Quot. Med. – 06/03