La réalisation d’enquêtes familiales associées aux progrès des techniques d’analyse moléculaire ont permis de définir des syndromes clinico-biologiques entraînant un risque accru de CCR. Elles sont résumées dans le tableau suivant.
| MALADIES | TUMEURS ET/OU LOCALISATION | GENES |
| Syndrome HNPCC | Colon-endomètre-rein/uretère-voies biliaires-estomac-ovaires-peau-SNC | MSH2, MLH1, MSH6 |
| Polypose juvenile ou mixte | colon-duodénum-grèle | SMAD4, BMPR1A |
| Syndrome de Peutz-Jeghers | Pancréas-colon-duodénum-ovaires-sein-col utérin | STK11 |
| Maladie de Cowden | Sein-rein-pancréas-peau | PTEN |
| Syndrome de Li-Fraumeni | Sein-sarcomes-lymphomes-colon | P53, CHK2 |
| Syndrome HBOC | Sein-ovaire-colon-prostate-pancréas | BRCA1, BRCA2 |
| Mélanome malin familial | Mélanome-colon-pancréas | CDKN2 |
| Cancer de l'estomac familial | Estomac-colon-sein | CDH1 |
Il s’agit d’un groupe d’affections hétérogènes et plusieurs situations doivent être distinguées.
> Le cancer est la manifestation princeps, de localisation digestive : HNPCC (cancer colique héréditaire sans polypose), FAP (polypose adénomateuse familiale), JPS et HMPS (polypose juvénile et mixte), HDGC (cancer héréditaire diffus de l’estomac).
> Le cancer est la manifestation princeps mais la localisation digestive est secondaire : maladie de Cowden, HBOC (cancer familial du sein et de l’ovaire), syndrome de Li-Fraumeni, mélanome malin familial.
> Le cancer est une manifestation secondaire d’une affection digestive : syndrome de Peutz-Jeghers
Les stratégies de dépistage des CCR familiaux varient donc selon les cas, comme résumé dans le tableau suivant :
| Pathologie | Examens recommandés | Age de début | Périodicité |
| Syndrome HNPCC | Coloscopie complète | 20 ans | 2 ans |
| FAP | Coloscopie complète Gastroscopie | 11 20 | 1 3 |
| JPS-HMPS | Colo- + gastroscopie | 15 | 3 |
| Syndrome de Peutz-Jeghers | Colo- + gastroscopie, transit du grèle Echographie | 15-20 20 | 2 1 |
Cette stratégie de dépistage devrait limiter la morbidité et la mortalité dans les familles à risque. Elle est toutefois loin de prendre en compte l’ensemble des sujets à risque. Une étude de ségrégation menée en Grande-Bretagne suggère en effet qu’environ 1,2% de la population pourrait présenter une prédisposition génétique au CCR alors que le total des prédispositions majeures évoquées ci-dessus n’excède pas 0,1%.
Biotribune – 03/2003
