L’exposition médiatique des différents modes d’alimentation oppose bien souvent la nocivité supposée des OGM aux bienfaits attendus de l’alimentation « bio ». 2 articles récents apportent un éclairage différent à ce problème. C’est tout d’abord l’AFSSA qui a rendu un rapport d’évaluation des risques et bénéfices nutritionnels et sanitaires des aliments issus de l’agriculture biologique en Avril 2003. Rappelons que la filière « bio » se distingue de la filière traditionnelle par l’absence de pesticides, d’agents chimiques et d’OGM. La meilleure qualité alimentaire de leurs produits est souvent mise en avant par les tenants de cette filière. Or au terme de leurs études, les experts concluent à l’absence de différence significative entre l’alimentation bio et l’alimentation traditionnelle du point de vue de la qualité nutritionnelle. Le seul point en faveur de l’agriculture bio pourrit être une charge lipidique en acide gras poly-insaturés dans les produits d’élevage bio. Toutefois, elle ne serait pas liée au mode de production « bio » mais à la nature de l’alimentation données aux animaux. C’est donc plus en terme d’éthique (et de diminution des risques de pollution environnementale du fait de la non-utilisation de nitrates) que de bénéfice nutritionnel que l’offre bio se distinguera aux yeux des consommateurs.
A l’inverse, les OGM sont souvent montrés sous un jour négatif. C’est pourtant grâce à leur développement que l’idée d’utiliser des aliments courants comme médicaments (« alicaments ») est apparue. L’une des voies de recherche les plus prometteuses porte sur le traitement des diabétiques de type II devenus insulino-dépendants. Des études menées au Japon (forte prévalence du diabète avec 7 millions de malades pour 126 millions d’habitants) ont naturellement choisi comme vecteur le riz, pilier de l’alimentaion japonaise. Ce riz transgénique n’est pas supplémenté en insuline mais en GLP-1, une hormone stimulant la production d’insuline par le pancréas. Les chercheurs japonais estiment qu’une ration quotidienne de 150 g permettrait d’assurer un équilibre glycémique satisfaisant chez la plupart des sujets. Malgré les obstacles réglementaires et socio-culturels, la commercialisation de ce riz est envisagée à moyen terme (2 à 3 ans). Des études prospectives relatives à son efficacité pourront alors être menées.


Option Bio – 05/2003