Le dosage de l’HbA1c est définitivement reconnu comme le meilleur marqueur de l’équilibre glycémique au cours du suivi du patient diabétique. Le terme d’HbA1c est recommandé pour l ‘expression des résultats, sachant qu’en l’absence d’un variant d’hémoglobine identifié les méthodes sont comparables à condition d’être standardisées. En effet les sociétés scientifiques retiennent comme critère incontournable l’utilisation de techniques standardisées dans les laboratoires de biologie.
Sur le plan international, on assiste depuis plusieurs années à un débat « analytico-clinique » entre 2 types de standardisation.
La plus connue est la standardisation NGSP/DCCT (National Glycohaemoglobin Standardization Program/Diabetes Control and Complications Trial). D’un point de vue moléculaire, elle ne possède pas une spécificité totale. Par contre, son utilisation a été validée par des études cliniques prospectives à grande échelle pour le diabète de type I (DCCT) et de type II (UKPDS). Cette standardisation est basée sur la comparaison des différentes méthodes de dosage par rapport à une technique de référence (chromatographie d’échange ionique). Toutes les techniques retenues après évaluation ont pour point commun des valeurs de référence et des seuils de décisions cliniques univoques et validés. Les valeurs normales sont comprises entre 4 et 6% et les valeurs acceptables doivent être inférieures à 6,5% dans le diabète de type II (jusqu’à 7% pour le diabète de type I).
A l’opposé de cette validation rétrospective, le travail effectué par l’IFCC (International Federation of Clinical Chemistry) a permis de préciser l’analyte de référence, le matériel primaire de référence et la méthode de référence. L’HbA1c a ainsi été clairement définie comme l’hémoglobine glyquée de façon irréversible sur une ou deux valine N-terminales. La calibration est faite par mélange en proportion croissante d’HbA0 pure et d’HBA1c pure. La méthode de référence est une CLHP (Chromatographie Liquide Haute performance) suivie d’une spectrométrie de masse ou d’une électrophorèse capillaire. La stabilité des matériaux de référence est vérifiée régulièrement par un réseau de laboratoire utilisant ces méthodes. Toutefois, même si cette standardisation paraît méthodologiquement plus rigoureuse que sa devancière, quelques inconvénients s’opposent à sa diffusion.
Les valeurs chiffrées obtenues sont plus basses de 1 à 2% que celles obtenues par le système NGSP (différence obtenue à partir d’une master equation entre les 2 groupes). Par ailleurs aucune validation clinique des résultats obtenus selon ce protocole n’a été établie. Enfin aucun accord n’a été trouvé avec les sociétés de diabétologie. Les plus importantes d’entre elles (ADA, EASD, ISPAD) semblent satisfaites des résultats obtenus avec les méthodes NGSP et souhaitent de toute façon conserver une traçabilité vis-à-vis des critères DDCT et UKPDS. Le passage d’une standardisation à l’autre nécessitera des études supplémentaires qui ne trouveront leur terme que dans plusieurs mois ou années. Il apparaît indispensable d’éviter un passage abrupt, non consensuel et sans corrélation d’un standard à l’autre. Il aurait pour effet de dérouter les cliniciens et les patients et de discréditer cet examen , qui s’il est fait dans les conditions réglementaires, est un outil d’une remarquable fiabilité pour le suivi du patient diabétique.
Biotribune – 07/2003
