l'exploration des voies de signalisation appartient au domaine de la recherche fondamentale. La connaissance de ces mécanismes intimes de biologie cellulaire a connu ces dernières années un regain d'intérêt du fait de leur implication dans la transformation maligne. De nombreuses voies sont aujourd'hui connues et la preuve expérimentale que l'expression de 3 gènes impliqués dans la transmission du signal induisait la transformation d'une cellule humaine normale en cellule tumorale a été apportée. La nécessité d'exploiter ces acquis afin d'apporter de nouvelles solutions thérapeutiques aux malades commence à donner des résultats concrets. Deux niveaux de blocage du signal sont envisagés. A l'intérieur de la cellule, les protéines kinases sont les principaux intermédiaires entre le récepteur membranaire et la cible. La principale difficulté réside dans la très grande diversité de ces kinases (plus de 500 gènes). Dans certains types de cancers, tels que la leucémie myéloïde chronique, la kinase responsable est connue (Tyr kinase STI 571) ce qui a permis la mise au point d'une molécule (Glivec) ayant un effet spécifique sur les cellules leucémiques porteuses du gène fusion Bcr-Abl).

L'autre niveau de blocage est bien sûr le récepteur membranaire. L'angiogénèse est d'une façon générale activée par les cellules tumorales grâce à la sécrétion d'un facteur mitogène (VGEF) favorisant la multiplication des cellules endothéliales. La mise au point d'inhibiteurs des récepteurs au VGEF sous la forme d'Ac monoclonaux (Avastin) est à l'étude dans les cancers coliques avancés avec des premiers résultats probants. D'autres molécules devraient bientôt être testées dans d'autres types de cancer. Sans préjuger des résultats à long terme, il est remarquable de constater que l'élaboration de ces molécules s'est faite dans un délai très court après les avancées de la recherche fondamentale.

Quot. Du Medecin - 05/09/03