Dans toutes les régions méditerranéennes, le chien contaminé par le phlébotome hématophage reste le principal reservoir naturel d'infection à Leishmania infantum. Si auparavant la maladie touchait surtout les jeunes enfants, le ratio adultes/enfants est aujourd'hui quasiment de 1. Une étude espagnole a mis en lumière un nouveau cycle de transmission artificiel antroponotique via les seringues des toxicomanes. Dans la région de Madrid, leishmania spp a ainsi été detecté par PCR dans 52% de 125 seringues abandonnées en 1998 et dans 34% des 154 seringues en 2000/2001. Il semble également que le partage des seringues favorise la propagation de clones de leishmanies dans ce groupe particulièrement exposé du fait de la fréquence des infections par le VIH et de l'immunodéficience en découlant. La coinfection LV/VIH est une association de plus en plus répandue et de mauvais pronostic. La prolifération des leishmanies chez ces sujets est très importante et les sujets peuvent devenir des réservoirs capables de contaminer les phlébotomes et d'alimenter ainsi les circuits de contamination habituels. Par ailleurs le SIDA et la LV se renforcent mutuellement avec une double immunodéficience car ces deus agents infectieux détruisent les mêmes cellules, de sorte que la gravité de la maladie et ses conséquences augmentent de façon exponentielle.
