La LLC est la plus courante des hémopathies de l'adulte dans les pays industrialisés. Elle se caractérise par une prolifération moniclonale des lymphocytes B exprimany à leur surface les marqueurs CD5 et CD23 avec une diminution des Ig de surface. L'évolution est classiquement progressive mais varie en fait selon les individus de quelques mois à plusieurs dizaines d'années malgré un traitement adapté. En dehors de certaines aberrations chromosomiques semblant influencer l'évolution, on ne disposait pas d'autres marqueur pronostique fiable. Une équipe suédoise s'est récemment penché sur cette question. Elle a montré la présence de 2 mutations particulières chez les patients bénéficiant d'une survie longue.

La première concerne le gène codant la chaîne lourde variable des Ig. Sur un échantillon de 119 patients, 42% étaient porteurs de la mutation avec une espérance de vie doublée par rapport aux autres patients (124 mois vs 71). Le gène du récepteur PX27 a également été étudié. En effet son expression est importante sur les lymphocytes B transformés et il pourrait jouer un rôle dans la prolifération cellulaire. Une mutation a été retrouvée chez 21% des patients étudiés (n=170) avec une médiane de survie significativement plus importante (104 mois vs 72). L'inactivation de ce gène ralentirait la croissance tumorale et l'évolution de la maladie.

La présence concomitante de ces 2 mutations confère un avantage supplémentaire (151 mois).

Ces marqueurs géniques, s'ils sont utilisés en routine, permettront une meilleure adaptation thérapeutique chez les sujets atteints de LLC.

Lancet - 12/2002