La fin du XXème siècle a été marquée par l'avènement de la biologie moléculaire. Les techniques et les instruments qui ont été développés ont permis de séquencer le génome humain, qui est aujourd'hui décrypté à 90%.
Cependant la connaissance des 30 ou 40000 gènes présents dans le génome ne vaudra qu'au travers d'une approche fonctionnelle. Celle-ci repose sur l'identification des protéines codées par ce que l'on appelle les gènes d'intérêt. C'est cette étape, qui permet d'aller du gène à la protéine et sa fonction que l'on appelle la protéomique et qui représente l'enjeu majeur de la biologie moléculaire. Lorsque la correspondance entre un gène donné et une protéine fonctionnelle est établie, les applications thérapeutiques deviennent possibles ; c'est le cas de l'EPO, de l'insuline, de la GH, protéines obtenues par recombinaison génétique.
Afin d'identifier la fonction des protéines correspondant aux milliers de gènes identifiés, il est indispensable de pouvoir les produire en grande quantité. Des automates de fabrication de protéines à partir de fragments du génome (produits de PCR ou plasmide recombiné) permettent cette production de masse. Les protéines obtenues peuvent ensuite être étudiées, d'un point de vue structural, immunologique et enfin fonctionnel. Des programmes de recherche sur des sujets très divers sont déjà bien avancés : production de protéine Prion PrP pour étude du mécanisme de transformation pathologique en protéine PrSc, production de protéine de Rickettsia conorii à la recherche de facteurs de virulence, production de protéines du virus de la dengue en vue d'essai d'immunisation, expression de protéines de Plasmodium falciparum à la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques…
Dans l'avenir des avancées thérapeutiques importantes peuvent donc être attendues. Directement grâce à la production de protéines purifiées de haute valeur diagnostique et thérapeutique (hormones, facteurs de croissance, ACM…) ou indirectement grâce à la compréhension de phénomènes biologiques qu'aura rendue possible la connaissance du protéome.
RFL - 02/2002
