l'importance de l'épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine est difficile à évaluer du fait de l'incertitude quant à des facteurs clés tels que le nombre d'animaux contaminés et la durée d'incubation longue de l'affection. Le nombre de sujets susceptibles de développer l'affection pouvait aller de quelques centaines à plusieurs centaines de milliers. De nouvelles données statistiques et épidémiologiques apparaissent néanmoins rassurantes.
En Mai 2001, 97 cas du nouveau variant de la maladie de Creuzfeldt-Jakob étaient recensés au Royaume-Uni. Ils ont contracté l'affection en consommant des aliments contaminés par l'agent infection (Prsc) avant l'interdiction des farines animales en 1989. Environ 470 000 animaux destinés à la consommation en auraient été porteurs et le nombre de patients potentiellement infectés est évalué entre 75000 et 136000.
Une étude française récemment publiée amène un nouvel éclairage sur cette affection. Elle prend en compte un facteur épidémiologique essentiel qui est l'âge moyen de mortalité des patients : 28 ans. De plus seuls 6 des patients décédés du nvMCJ avaient dépassés la cinquantaine contre 93% des patients atteints de MCJ sporadique. La première explication apportée à la jeunesse des sujets atteints était un raccourcissement de la durée d'incubation de l'ESB par rapport à la MCJ. Mais les résultats actuels plaident pour une incubation de 17 ans de moyenne (intervalle de confiance de 95% avec des valeurs entre 12,4 et 23,2 ans). Cela supposerait en fait une grande susceptibilité de contracter la maladie pendant l'enfance et l'adolescence, qui diminuerait rapidement après 15 ans (d'environ 16% /an). D'après ce modèle tenant compte d'une relative limitation de la maladie à des sujets jeunes avant 1989 et avec la durée d'incubation estimée, le pic de l'infection serait actuellement atteint et le nombre de nouveaux cas devrait donc décroître dans les années à venir. Si cette hypothèse se vérifiait, le nombre de victimes de l'ESB ne devrait pas excéder 400, ce qui serait une vision résolument optimiste de l'épidémie.
Science - 11/2001
