Bert Vogelstein et son équipe (Baltimore) se sont récemment distingués en proposant une approche moléculaire du dépistage du carcinome colo-rectal extrêmement prometteuse. Ils se consacrent également à la recherche thérapeutique et ils ont eu l'idée d'utiliser les ressources de la microbiologie dans le traitement des cancers. Il est évident que les molécules anticancéreuses ne sont efficaces que tant qu'elles diffusent jusqu'aux cellules malignes. C'est ainsi que certaines zones tumorales mal vascularisées constituent des sanctuaires favorisant la résistance à la chimiothérapie. Afin de détruire ces foyers, les chercheurs ont eu l'idée d'utiliser des bactéries anaérobies, aptes à se multiplier dans des tissus privés d'oxygène tels que ces zones mal vascularisées. Le choix s'est porté sur Clostridium novyi. Il a bien entendu fallu modifier génétiquement cette bactérie afin d'inactiver sa toxine (qui a des effets délétères sur les tissus sains) tout en lui conservant ses facteurs de virulence locaux. La bactérie a donc été injectée à des souris atteintes de pathologies tumorales. Les résultats ont été encourageants avec l'observation de nécrose tumorale. Des études complémentaires seront bien sûr nécessaires pour déterminer l'intérêt réel de cette nouvelle approche thérapeutique.


PNAS - 12/2001