la diminution de la fertilité avec l'âge dans les deux sexes est un phénomène bien connu. Il est toutefois difficile d'en préciser les modalités car la part de ce qui revient directement au vieillissement et de ce qui est lié à la diminution de fréquence des rapports sexuels peut difficilement être distinguée. Une étude américano-italienne récente portant sur 782 couples utilisant une méthode naturelle de contrôle des naissances a pris en compte la fréquence des rapports sexuels et leur date par rapport à la date présumée de l'ovulation.
Les femmes devaient donc noter scrupuleusement leur température quotidienne, les dates des rapports sexuels et des menstruations. L'étude portant sur 5860 cycles menstruels et répartissant les femmes par catégorie d'âge a donné les résultats suivants.

Classe d'âge / Nombre de grossesses observées / % de fécondance d'un rapport < 48 h avant ovulation
  19 - 26 ans                               103                                                50
  27 - 29                                     154                                                40
  30 - 34                                     140                                                40
  35 - 39                                       36                                                30

La fécondance a été calculée en tenant compte des paramètres relevés.
Au vu de ces résultats la baisse de fertilité chez la femme pourrait donc débuter dès la fin de la deuxième décennie, et non pas de la troisième comme on le pensait jusqu'ici.
L'étude statistique des données recueillies permet également de situer la diminution de la fertilité masculine autour de 35 ans (alors que dans ce cas également on la croyait plus tardive).
Bien entendu, les chiffres de fécondance observés par classe d'âge correspondent à des moyennes avec une grande hétérogénéité (de 20 à 60 % chez les 19 - 26 ans par exemple). Elle n'est qu'en partie expliquée par les facteurs de risque connus (tabagisme, MST), des facteurs héréditaires ou encore non identifiés jouant probablement un rôle majeur dans ces disparités. Les auteurs souhaitent désormais étudier le rôle des secrétions cervicales dans ce déclin progressif de la fertilité féminine.


Hum. Reprod. - 04/2002