les infections à Staphylococcus aureus (SA) sont au premier rang des infections nosocomiales. Des études antérieures ont prouvé que le dépistage des porteurs sains en début d'hospitalisation était réalisable par écouvillonage nasal . Un résultat positif peut conduire à une antibioprophylaxie par voie générale ou locale. C'est cette dernière solution qui a été testée par l'étude MARS (Mupirocin and Risk of S. aureus). Ce traitement local avait déjà été utilisé chez des patients dialysés avec comme résultat une diminution des infections à SA. L'étude MARS a porté sur un grand nombre de sujets (3864) devant subir une intervention chirurgicale de tout type.
Les résultats de l'étude sont contrastés. Pour ce qui est de la réduction d'infections staphylococciques au niveau du site opératoire, les résultats sont décevants : 2,3% chez les sujets traités contre 2,4% chez les sujets sous placebo. Pour les auteurs cet échec est imputable à 2 raisons :
Ø La faible incidence générale des ISO rendant difficile toute exploitation statistique
Ø Dans plus de 50% des cas ces ISO survenaient chez des patients à l'origine non porteurs de SA ou porteurs de souches différentes. Ces ISO sont donc liées à des contaminations par transmission interhumaine qui ne pouvaient être prévenues par le traitement local.
Le point positif est venu de la diminution de fréquence des staphylococcies nosocomiales dans leur ensemble. Les 891 patients (23% des sujets prélevés) porteurs de SA dans leurs fosses nasales ont été partagés en 2 groupes équivalents. Dans le groupe traité, 4% des sujets ont été victimes d'une infection nosocomiale à SA contre 7,7% dans le groupe sous placebo. Il semble donc que la prophylaxie par mupirocine fasse preuve d'une certaine efficacité.
Le risque de sélection de souche de SA résistante à l'antibiotique a bien sûr été évoqué. Sur les 4 isolats résistants à l'antibiotique, 3 provenaient de sujets n'ayant pas été traités. Une prophylaxie de courte durée ne paraît donc pas sélectionner de souches résistantes et semble donc légitime en prévention d'infection nosocomiale.


NEJM - 13/06/02