l'infection par le virus de l'hépatite C a été longtemps considérée comme non immunisante. La survenue de réinfections successives (constatée en particulier chez les toxicomanes) laissait penser que le système immunitaire n'induisait pas de réponse efficace. L'échec de toutes les tentatives de vaccination effectuées chez l'animal allait dans le même sens.
Cependant des observations cliniques faisant état d'une moindre sévérité des réinfections par rapport aux primo-infections VHC ont relancé le débat. Une étude sur un groupe de 262 toxicomanes IV a donc été menée à partir de 1995 afin d'apprécier l'existence d'une réponse immunitaire partiellement efficace. 98 de ces sujets étaient déjà infectés, les 164 autres étant indemnes. Le principe de l'étude consistait à rechercher une infection ou une réinfection à l'occasion de visites systématiques semestrielles. 35 infections et 12 réinfections ont été constatées. Ces dernières étaient indiscutablement des réinfections (et non des réactivations) car la PBH avait confirmé la séronégativation VHC avant le début de l'étude.
L'évolution de l'infection ou de la réinfection varie selon les cas de figure. En cas de coinfection avec le VIH, la persistance du VHC était systématique. Chez les sujets VIH négatifs, le risque de persistance du VHC après réinfection était 12 fois moindre que chez les sujets primo-infectés.
Les auteurs ont suggéré que l'acquisition d'une immunité faisant suite à une primo-infection permettait aux sujets faisant une réinfection de combattre et d'éliminer plus facilement le VHC. Mais d'autres spécialistes estime que rien ne prouve qu'il s'agisse de l'effet d'une activité immunitaire acquise. Leur opinion est que les sujets éliminant le VHC après primo-infection dispose à la base d'un statut immunitaire privilégié, leur conférant la capacité d'éliminer le virus après chaque contamination. Rien dans les résultats de cette étude ne permet de trancher entre ces 2 hypothèses. A supposer que l'induction d'une immunité partielle chez les sujets immunocompétents soit finalement démontrée, la route jusqu'à l'obtention d'un vaccin capable de la reproduire est encore très longue.
Lancet - 04/2002
