Les rhinites et les conjonctivites sont des sympomatologies très fréquentes de l’allergie respiratoire. Elles ont donc été choisies comme marqueurs cliniques dans une étude canadienne étudiant les principales causes de celle-ci. La population étudiée comportait 150 000 enfants (âge moyen de 7 ans, avec des antécédents d’asthme chez 13% d’entre eux). De nombreuses variables ont été prises en compte, telles que les concentrations atmosphérique de différents allergènes, la pollution atmosphérique, des données climatiques…
Le résultat le plus significatif concernait la fréquence de sensibilisation aux spores de champignons chez les patients allergiques, qui pourrait être aussi importante que les différentes pollinoses. Les champignons sont un genre très varié allant des champignons supérieurs (champignons « à chapeau » ou basidiomycètes comme les ammanites ou les bolets) à des espèces primitives (ascomycètes comme les penicillium) ou unicellulaires (deuteromycètes comme les levures). Ces 3 espèces sont responsables de sensibilisation. Les basidiomycètes semblent être les plus allergéniques du point de vue l’expression clinique de cette sensibilisation. Cette étude vient confirmer des données plus anciennes qui avait retrouvé des tests cutanés positifs vis-à-vis des extraits de basidiomycètes chez 25% des adultes souffrant d’allergie respiratoire.
La particularité de ces spores comparées aux pollens, est d’être présentes sur une période beaucoup plus longue, du mois d’Avril au mois d’Octobre, expliquant les risques accrus d’allergie. Aux traditionnelles allergies saisonnières (essentiellement due aux pollens) et perannuelles (dues à des allergènes domestiques comme les acariens) pourrait donc s’ajouter l’allergie « semi-annuelle » due aux spores de champignon. Leur implication mérite sans doute d’être revue à la hausse dans le cadre du diagnostic et de la thérapeutique. Par ailleurs ces résultats peuvent aussi s’extrapoler en Europe où l’exposition et la sensibilité se font de la même manière.


Lancet – 03/2002