Depuis une vingtaine d’années, Acinetobacter occupe une place essentielle au sein des bactéries multirésistantes, au même titre que les Pseudomonas, Enterobacter et autres SARM. Parmi les 19 espèces du genre Acinetobacter, c’est A. baumanii qui est très majoritairement retrouvée dans les infections nosocomiales avec une réelle pathogénicité chez l’homme, alors que les autres espèces (A. haemolyticus, lwoffi) sont fréquentes dans l’environnement. A l’examen direct, ils se présentent comme des coccobacilles à gram négatif, souvent associés par deux, immobiles et non sporulés. Cet aspect est assez caractéristique, la négativité de l’oxydase permettant de les différencier des Moraxella assez ressemblantes. La culture à 37° est aisée, A. baumanii étant la seule espèce poussant à 44°C.
En cas d’isolement, la pathogénicité réelle de la souche microbienne repose sur l’identification d’espèce (baumanii +++), la nature du prélèvement (hémocultures, ponctions de liquides théoriquement stériles). D’un point de vue épidémiologique, ces infections s’observent fréquemment dans un contexte épidémique que sous forme endémique ou sporadique. Elles doivent alors conduire à des mesures curatives et préventives immédiates (isolement, hygiène, antibiothérapie…)
Les souches isolées en milieu hospitalier sont le plus souvent d’emblée multirésistantes. Ces germes sont le plus souvent retrouvés au niveau du site opératoire ou de l’appareil respiratoire (en particulier chez des patients sous ventilation assistée).
D’un point de vue thérapeutique, 5 phénotypes de résistance « classiques » sont décrits et permettent d’orienter le choix de l’antibiothérapie, en complément des données de l’antibiogramme.
Les mécanismes de résistance sont essentiellement enzymatiques et plus de la moitié de la souches sont d’emblée résistantes aux aminosides et aux fluoroquinolones. L’antibiotique de choix reste le Sulbactam, en monothérapie ou en association.
Presse med. – 04/2002-
