Le but du chirurgien digestif est de réaliser une exérèse complète du cancer digestif, dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité afin d’offrir au patients les meilleures chances en terme de survie et de qualité de vie (limitation des séquelles).

Ses attentes en matière de biologie sont diverses, allant d’analyses de routine à des examens relevant de la recherche appliquée.

Il demande avant tout au biologiste un bilan préopératoire fiable, le renseignant sur l’hémostase primaire et secondaire, l’hémogramme, l’état général du patient et plus particulièrement son bilan nutritionnel avec principalement le dosage d’albumine, prédictif de la capacité du patient à bien cicatriser et à éviter les complications post-opératoires.

Un bilan d’organe doit également être réalisé en fonction de la région d’intérêt du chirurgien (bilan hépatique, pancréatique) ou des pathologies associées (fonction rénale…).

Le dosage préopératoire des marqueurs tumoraux est également indispensable. Dans certains cas, il permet de discuter un geste chirurgical rapide (ACE > 200 en faveur d’une chimiothérapie d’induction avant un geste chirurgical). Dans tous les cas (ACE, AFP, CA 19.9), il donne une valeur de base permettant d’évaluer l’efficacité immédiate du geste chirurgical. Le suivi régulier du taux de ces marqueurs tumoraux permet la détection précoce des récidives (réalisation d’un PET-Scan en cas de remontée de l’ACE). L’étude de la cinétique des concentrations sériques est recommandée en 2009 dans le Thésaurus national de cancérologie digestive.

Dans les traitements complémentaires à la chirurgie, la biologie moléculaire permet des thérapies ciblées. C’est le cas de la détermination du statut KRAS qui conditionne la délivrance ou non d’un anti-EGFR.

La génétique tumorale peut également être riche d’information pour déterminer le risque de récidive locale, beaucoup plus important en cas de tumeur de type MSS que MSI (instabilité des microsatellites).

La disponibilité de ces méthodologies permettra  à terme de modifier la stratégie thérapeutique actuelle, qui repose presque exclusivement sur la classification TNM.

Les progrès passent par une meilleure relation entre biologistes et chirurgiens, en particulier dans le cadre de RCP (Réunions de Concertation Pluridisciplinaires) et l’avènement d’examens de biologie extemporanés permettant de définir le statut de la tumeur et de guider le geste du chirurgien.

JIB 2009 (Abstract)