Les données des ORP (Observatoires Régionaux du Pneumocoque) montrent que la politique de restriction d’utilisation des antibiotiques a permis une diminution des souches de pneumocoques de sensibilité diminuée à la pénicilline (de 55% en 2001 à 38% en 2007).

Néanmoins, le pneumocoque peut être considéré dans certains cas comme une bactérie multi résistante (lorsqu’il présente une résistance acquise à 3 familles d’antibiotiques).

2 familles méritent d’être testés avec une attention particulière.

La détermination de la sensibilité aux béta-lactamines nécessite l’application stricte des recommandations du CA - SFM avec un dépistage avec un disque d’oxacilline pour la méthode de diffusion en gélose, suivie éventuellement d’une mesure de CMI. Elles concernent les représentants des principales sous-familles différentes béta-lactamines : Pénicilline G, Amoxicilline et Céfotaxime. L’étude des CMI montre que la hiérarchie supposée n’est pas toujours respectée. 11% des souches avaient une CMI d’amoxicilline supérieure à celle de la pénicilline et 2% des souches avaient une CMI de Céfotaxime supérieure à celle de l’amoxicilline, aussi bien pour des valeurs de CMI hautes que basses.

La même attention devra être portée à l’étude de la sensibilité aux fluoroquinolones. Il existe en effet des souches pouvant être rendues « sensibles » à la lévofloxacine et la moxifloxacine, alors qu’elles ont acquis un mécanisme de résistance de bas niveau détectable par la mesure des CMI.

Dans tous les cas, ces souches de sensibilité aux différentes classes d’antibiotiques sont susceptibles d’acquérir un haut niveau de résistance sous traitement, avec un risque d’échec thérapeutique incombant largement au microbiologiste s’il ne les a pas mis en évidence et signalés au prescripteur.

JIB 2009 (Abstract)