La sénescence cellulaire correspond à l’arrêt irréversible de la croissance cellulaire. Cette sénescence peut être programmée génétiquement (longueur télomérique) ou induite accidentellement par le stress oxydatif. La sénescence cellulaire se traduit à l’échelon supérieur par le vieillissement des tissus et des organismes. La prévalence des maladies métaboliques augmentant avec l’âge des individus et donc le vieillissement des organismes,une équipe japonaise a émis l’hypothèse d’une relation entre le vieillissement cellulaire et la cause principale du diabète de type II, l’insulinoresistance.Ils ont choisi comme modèle animal la souris Ay, qui du fait de perturbations des voies mélanocortines centrales est sujette à l’augmentation de la prise calorique et par voie de conséquence à l’insulinorésistance et au diabète. Ils ont constaté une augmentation du stress oxydatif dans le tissu adipeux de ces souris obèses par rapport aux souris de poids normal du même âge et comparable à celui retrouvé chez des souris plus âgées. Le mécanisme de sénescence cellulaire semble être la survenue de lésions géniques consécutives au stress oxydatif, entraînant une activation du gène P53 (suppresseur de tumeur et favorisant l’apoptose) à l’origine d’une sénescence indépendante du télomère. Le lien avec l’insulinorésistance a été démontré par inactivation de l’activité de P53 chez ces souris, qui se traduit par une diminution de l’expression des cytokines pro-inflammatoires et une amélioration significative de l’insulinorésistance. A l’inverse, l’up-régulation du gène est à l’origine d’une réponse inflammatoire et d’une insulinorésistance accrue. Chez l’homme, des caractéristiques de type sénescence ont été retrouvées dans le tissu adipeux des sujets diabétiques.Tous ces résultats convergent donc pour conférer à P53 un rôle important dans le tissu adipeux pour la régulation de l’insulinorésistance. Ils suggèrent que les signaux du vieillissement cellulaire pourraient constituer une nouvelle cible dans le traitement du diabète.Nature Med 2009 ; 15 : 996-998