L’augmentation de prévalence du cancer du pancréas est constatée dans la plupart des pays occidentaux sans qu’aucun des facteurs de risque classiques (pancréatite chronique, alcoolisme) puisse être incriminé. Les chercheurs du National cancer Institute ont donc réalisé une étude prospective de grande envergure dans le cadre d’une enquête diététique concernant 308 000 hommes et 216 000 femmes entre 1995 et 2003 afin de déterminer l’existence de risques liés à des conduites alimentaires.Au cours de l’étude, des cancers exocrines pancréatiques ont été diagnostiqués chez 865 hommes et 472 femmes. Le premier constat est celui d’une relation nette avec la quantité de lipides ingérés, avec un risque relatif de 36% (Hazard Ratio = 1,23) entre les quintiles de consommation les plus élevées et les plus basses.Ce risque est plus élevé en cas de consommation importante de lipides d’origine animale (viande rouge et produits laitiers), en particulier chez les hommes (risque relatif de 53%, contre 23% chez les femmes). Cette association est indépendante d’autres facteurs de risques envisagés tels que le tabagisme, le diabète de type II, le surpoids, la quantité de calories ingérée et le mode de préparation culinaire.L’explication physiopathologique reste hypothétique. Les auteurs évoquent la possibilité d’une augmentation de la sécrétion exocrine de lipase liée à la consommation importante de lipides. Ce travail excessif pourrait mener à l’hypertrophie de la glande et à l’hyperplasie de la glande favorisant le processus de carcinogenèse.
JNCI doi : 10.10.1093/jnci/djp068
