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Les gammapathies monoclonales bénignes (MGUS) ont une prévalence de 3,2 % dans la population caucasienne de plus de 50 ans, et exposent à un risque accru de myélome multiple (MM). Une MGUS ne se solde pas automatiquement par un MM, mais on ne sait pas en revanche si un MM émerge de novo ou est toujours précédé par une phase de MGUS. Cette question a un intérêt physiopathologique évident, mais il est difficile d’y répondre.

Les auteurs ce travail ont profité du programme américain PCLO dans lequel 150 000 sujets de 55 à 74 ans ont été inclus et randomisés entre visite médicale de routine ou bilan spécifique régulier à la recherche de différents types de cancers (prostate, colorectal, poumon, ovaire). Parmi les 77 469 patients randomisés dans le bras spécifique, 106 ont ultérieurement développé un MM et pour 86 d’entre eux, du sérum avait été congelé à plusieurs reprises avant le diagnostic. Ainsi ont donc été sélectionnés 71 patients pour lesquels du sérum avait été congelé au moins 2 ans avant le diagnostic de MM (pour éviter confusion entre MGUS et MM non diagnostiqué) et des électrophorèses et immunoélectrophorèses des protéines sériques ont été effectuées sur tous ces prélèvements..

L’âge médian des patients était de 70 ans (58-81) et plus de 70 % étaient des hommes. Les délais médians entre le premier et le dernier sérum étudié et le diagnostic de MM étaient respectivement de 59 mois (29-118) et de 32 mois (24-84). Sur les sérums prélevés, dans un délai de 2, 3, 4, 5, 6, 7, et au moins 8 ans avant le diagnostic de MM, une immunoglobuline monoclonale a été mise en évidence dans respectivement 100 %, 98,3 %, 97,9 %, 94,6 %, 100 %, 93,3 % et 82,4 % des cas. Une anomalie du ratio kappa/lambda a également été retrouvée très longtemps avant le diagnostic de MM chez la majorité des patients. Par ailleurs, une analyse longitudinale intra-patients a permis de constater que chez plus de 50 % des patients il existait une augmentation de l’immunoglobuline monoclonale année après année avant le diagnostic de MM. Pour l’autre moitié des patients, l’immunoglobuline monoclonale était globalement restée stable avant le diagnostic de MM.

Dans cette étude, il semble donc que le MM est toujours précédé d’un « état prénéoplasique » de MGUS. Cependant, il faut se rappeler que la population ciblée ne regroupait pas toutes les tranches d’âge, que la majorité des sujets étaient des hommes, et que les auteurs n’ont eu accès ni au bilan diagnostique de MM, ni à un prélèvement de sérum au diagnostic de MM. Si toutefois cette découverte est vraie (une autre étude publiée dans le même journal dans le même numéro va également dans ce sens [1]), il sera important de déterminer ce qui conduit à la progression du MGUS en MM. Les auteurs voient déjà des stratégies préventives se profiler mais il est un peu tôt. De plus, à l’inverse, la majorité des MGUS n’évoluent pas en MM, même si ces patients nécessitent une surveillance à vie.

 

(1) Weiss BM et coll., Blood 2009 ; 113 : 5418-5422.