Les infections à Clostridium difficile sont un problème de santé publique d’importance croissante. Depuis les épidémies de colites pseudo-membraneuses ayant touchées certains hôpitaux du Nord de la France en 2005, la déclaration les infections nosocomiales à C. difficile est d’ailleurs obligatoire. Si le diagnostic est aisément effectué à l’aide de tests rapides mettant en évidence les toxines A et B dans les selles (avec confirmation secondaire par culture), le suivi et le traitement dépendent de la gravité de l’infection. En effet la colonisation intestinale par C. difficile peut être asymptomatique (3% d’adultes porteurs sains chroniques, jusqu’à 25% après un traitement antibiotiques et plus de 50% des enfants de moins de 2 ans) ou entraîner des complications graves allant jusqu’à engager le pronostic vital (péritonite par perforation, mégacolon toxique). Dans le but de mieux cibler les facteurs pronostiques cliniques prédictifs de complications sévères lors d’une infection à Clostridium difficile, une étude américaine a été menée chez deux cent patients atteints de diarrhée attribuée à Clostridium difficile. Et parmi ces sujets, 32 (16 %) ont présenté une complication sévère (colectomie, n=12 ; décès, n=20).
Une augmentation importante des leucocytes (> 30 000 cellules/mm3) et une élévation de la créatininémie de plus de 50 % par rapport à sa valeur de base étaient à risque élevé de complications (odds ratios respectivement de 4, 06 et de 7,13).
Un infiltrat autour du colon ou un iléus au scanner était également significativement associé à un risque de complication (p=0,003).
Les auteurs concluent à la nécessité de développer un référentiel prédictif basé sur ces trois critères. La prise en charge thérapeutique (médicamenteuse avec recours d’entrée à la Vancomycine, surveillance accrue etc…) pourraient alors être adaptées.
Gujja D et coll. : Predictors of serious complications due to Clostridium difficile infection. Digestive Disease Week (Chicago) : 30 mai-4 juin 2009.
