L’arrêté de 1999 sur la procréation médicalement assistée exige la réalisation d’une HSG en plus de la sérologie chlamydia trachomatis (CT) pour les couples envisageant un recours à l’IIU (insémination  intra-utérine). En effet les infections génitales liées à CT sont la cause la plus fréquente des infections et des obstructions tubaires (292 cas pour 100 000 femmes étudiées d’après une étude US de 2002) rendant le recours à cette technique improductif. En pratique il arrive fréquemment que les couples ou les gynécologues souhaitent éviter l’HSG en cas de sérologie négative. Une étude américaine récente a analysé l’intérét respectif et combiné de ces 2 examens dans le bilan d’infertilité avec une étude prospective menée sur une cohorte de 210 femmes infertiles. Ils ont été comparé avec les résultats de la coelioscopie qui reste le gold standard pour l’appréciation des lésions tubaires et péri-tubaires.

Sur 210 femmes, 84 soit 40% présentaient une sérologie CT positive. Dans 93 % des cas la coelioscopie confirmait la présence de lésions tubaires. Chez ces femmes l’HSG montrait une sensibilité isolée de 78%, qui s’élève à 97% si on la combine aux résultats sérologiques vs les résultats coelioscopiques. Ce résultat démontre que la coelioscopie ne s’impose pas chez les femmes séronégatives ayant une HSG normale.

En cas de sérologie négative, la valeur prédictive négative d’absence de lésions tubaires n’est que de 69% ce qui impose la réalisation de l’HSG dans tous les cas.

Les auteurs font par ailleurs état de résultats annexes : ils ont mis en évidence une corrélation entre le taux d’Ac de CT et la sévérité des lésions tubaires mises en évidence par l’HSG et/ou la coelioscopie, ainsi qu’une association entre ces sérologies fortement positives et le risque de fausses-couches spontanées et d’échecs en FIV (qui reste pourtant le principal recours dans ce cas).

En conclusion il apparaît indispensable que la sérologie Chlamydia trachomatis soit couplée à un examen d’imagerie des trompes dans tout bilan d’infertilité. Cet examen sera pour des raisons pratiques l’HSG (de réalisation plus simple et moins coûteux) en cas de sérologie négative. Le recours à la coelioscopie peut être privilégié en cas d’HSG positive, de sérologie fortement positive ou d’antécédents connus d’infections ou d’inflammations pelviennes.

 

Fertil Steril 2006 ; 85 : 752-4