L’intérêt de poursuivre un traitement antiretroviral chez des patients présentant un taux de CD4 inférieur à 200/mm3 et donc en situation d’échec thérapeutique sur le plan immunologique était jusqu’àprésent dicuté. En effet, au regard de la toxicité des molécules, de l’observance relative des multithérapies proposées et de leur coût, les attitudes thérapeutiques variaient d’une équipe à l’autre. Les données provenant d’une étude française sur le sujet apportent des réponses éclairantes. Les 12 765 patients inclus entre 2000 et 2005 présentaient tous un taux de CD < 200/mm3. Ils ont été répartis en 3 groupes : groupe avec interruption de traitement, groupe sans interruption de traitement et avec charge virale détectable, groupe sans interruption de traitement et avec charge virale indétectable.
La comparaison des incidences d’évènements morbides classant SIDA montre une hiérarchie claire : elle est de 18.5 personnes /100 personnes-années dans le premier groupe, de 14.5 dans le second et de seulemenr 4.9 dans le troisième. Ces différences ne sont pas liées au taux de CD4 puisqu’elles sont encore plus nettes chez les patients avec une concentration de CD4 < 50/mm3. Elles font ressortir de façon indiscutable le gain thérapeutique quel que soit le statut immunitaire des patients. Il est également intéressant de noter qu’à statut immunitaire comparable, les patients traités et maîtisés virologiquement ne sont pas atteints des mêmes affections que ceux présentant des charges virale positives. Ches les premiers les infections bactériennes (la tuberculose en particulier) et cancéreuses (Kaposi, LNH) sont au premier plan, alors que ce sont les infections fongiques (candidoses invasives), parasitaires (pneumocystose et toxoplasmose) et virale (CMV) qui affectent le second groupe en priorité.
Clin Infect Dis 2008, 46 : 296-304
