Les phéochromocytomes sont des tumeurs rares qui synthétisent les catécholamines, noradrénaline, adrénaline et plus rarement dopamine. Leurs métabolites méthoxylés, appelés métanéphrines sont la normétanéphrine, la métanéphrine et la 3-méthoxypiramine.

 Le diagnostic biologique des phéochromocytomes repose sur l´identification d´une sécrétion excessive de ces catécholamines et/ou de leurs métabolites. Après avoir dosé le VMA (métabolite terminal du catabolisme des catécholamines) et les catécholamines urinaires, puis les métanéphrines totales, on peut doser, depuis peu, les métanéphrines fractionnées dans les urines et maintenant dans le plasma.


Cette multiplicité de possibilités pose la question de l’intérêt respectif de ces différents dosages dans le diagnostic biologique du phéochromocytome.  Une équipe lilloise rapporte son expérience afin d’établir une stratégie diagnostique. Les dosages ont été faits aussi bien dans le sérum que dans les urines après extraction et séparation, en utilisant un dosage coulométrique. 63 patients ayant un phéochromocytome prouvé ont été comparés à un groupe témoin de 71 patients. Chaque variable (concentrations plasmatique et urinaire de chacune des catécholamines et de leurs dérivés) a été mesurée ainsi que la concentration de chromogranine A (composant des granules denses des médullo-surrénales au même titre que les catécholamines). Le VMA dont le manque de sensibilité est connu n’a pas été dosé..

Des résultats faussement positifs sont trouvés dans le groupe témoin, avec des chiffres allant, selon la variable mesurée, de 6 à 23 % dans le sérum et de 2.9 à 12.3% dans les urines. L´aire sous la courbe ROC (receiver operating characteristic curves) varie de 0.689 à 0.992.

Le dosage, dans le sérum, des métanéphrines représente donc actuellement un outil facile et utile pour le diagnostic de phéochromocytome mais dans cette étude, la meilleure spécificité est obtenue avec les dosages urinaires plutôt qu´avec les dosages plasmatiques, alors que les sensibilités les plus élevées sont obtenues avec les dosages de normétanéphrines sanguines.

 A noter que le dosage de la chromogranine A est également très utile dans le diagnostic de phéochromocytome en l´absence d´insuffisance rénale. En combinant le dosage de la chromogranine A avec les dosages de métanéphrines fractionnées, on augmente encore la sensibilité de ces derniers.


On en conclut que les dosages des métabolites sont toujours plus efficaces que ceux des catécholamines elles-mêmes et que les dosages urinaires gardent une meilleure spécificité. Par contre les dosages sanguins offrent une meilleure sensibilité en particulier lorsqu´ils sont combinés avec le dosage de chromogranine A.


d´après Herbomez M et al. An analysis of the biochemical diagnosis of 66 pheochromocytomas. Eur J Endocrinol 2007 ; 156 : 169-75