Il y a quelques années, le NIH lançait aux USA une vaste étude appelée ACCORD (Action to Control cardiovascular Risk in Diabetes). Elle concernait plus de 10 000 patients agés de 40 à 82 ans présentant un diabète de type 2 associé à au moins 2 autres facteurs de risque cardio-vasculaire. Les patients ont été randomisés en 2 bras : un bras avec un traitement intensif du diabète afin d’obtenir une hbA1c < 6% et un bras avec un traitement conventionnel et un objectif entre 7 et 7,9% d’hbA1c.
Le but était bien entendu d’apprécier le gain en terme de morbimortalité entre les 2 groupes. Or le NIH vient d’annoncer l’interruption de cette étude pour une raison surprenante. Un nombre de décés significativement supérieur a été observé dans le groupe traité de façon intensive avec 257 décés contre 203 en 4 ans (ou 14/1000 patients/an contre 11/1000 patients/an). Pour l’instant, on ne dispose pas d’explication à cet excés de mortalité. Certains auteurs évoquent un effet délétère de la chute de la glycémie chez des diabétiques déjà agés ou présentant des complications installées. D’autres pensent qu’il s’agit d’un phénomène aléatoire qui aurait disparu ou se serait inversé si l’étude avait continué. Les initiateurs de l’étude l’ont arrêté considérant que le groupe de patients traités intensivement ne pouvaient subir plus longtemps un risque de perte de chance par rapport au traitement traditionnel. Ils ont toutefois insistésur le fait que la mortalité dans les 2 groupes était nettement inférieure à celle observée dans des groupes similaires de patients (taux de décés entre 50 et 100/1000 patients/an).
